Association des Amis de Pontigny-Cerisy
- Reconnue d'utilité publique -
 
Lettre d'information / juillet - août 2020
 
 
ÉDITORIAL
 
 
Mettre en résonance les êtres et les choses
 
Comme chaque année depuis trois ans, mais avec un calendrier décalé pour cause de crise sanitaire, le Conseil d'Administration des Amis de Pontigny-Cerisy s'est réuni au château, en séminaire, du mardi 28 juillet au soir au jeudi 30 à 16h. Sur 20 membres, 16 avaient pu être présents, dont les 5 nouveaux membres (l'un d’entre eux en visio-conférence). Tout en respectant les prescriptions de notre charte sanitaire, Ils ont pu ainsi dialoguer avec les membres de la famille, les bénévoles qui nous aident et l'équipe de salariés qui assure la gestion du Centre culturel et qui est en voie de renouvellement. Et aussi, la première soirée, ils ont pu prendre connaissance de l'expérience du Foyer de création et d'échange en présence de plusieurs de ses participants.
 
Un compte-rendu des travaux du CA vous sera fourni ultérieurement et indiquera les nouvelles orientations qui s'amorcent. Quelques constats dès à présent.
 
D'abord l'Association est en ordre de marche sur le plan statutaire et le Centre a pu maintenir cette saison une partie de son activité, ce qui n'était pas évident.
 
L'expérience du Foyer de création et d'échange, qui reprend une tradition de Pontigny et du premier Cerisy, se révèle fort prometteuse et source de renouvellement pour l'avenir (voir texte de Sylvain Allemand). Aussi une deuxième session aura lieu entre les 19 et 28 août. Un nouveau thème commun est déjà envisagé pour 2021 par Alain Kaufman sur "les usages du rêve contemporain", prenant la suite de "l'art du dé-confinement" proposé cette année.
 
Le report en 2021 de nombreux colloques, puisqu'il n'en reste en définitive, à ce stade, que sept sur les vingt-et-un prévus à l'origine, va entraîner une forte baisse de nos recettes, et un déficit de l'ordre de 100 000 euros, soit un septième de notre budget. Sans l'aide généreuse des collectivités territoriales, Région et Département notamment, qui consacre l'ancrage territorial de Cerisy en Normandie, et qui doit être saluée, tout comme le soutien maintenu des personnes morales du Cercle des partenaires, ce déficit aurait été encore plus important.
 
C'est dire que nous avons besoin des cotisations et dons des Amis, sympathisants, et bienfaiteurs de l'œuvre culturelle et scientifique, qu'ils viennent ou non à Cerisy cette année. Et même surtout s'ils ne viennent pas. C'est un élément essentiel de notre capacité à assurer notre robustesse. En année normale, ces apports représentent environ 70 000 euros, le dixième de notre budget, qui est tout juste équilibré, alors que nous devrions renforcer nos fonds propres pour préserver l'avenir.
 
Cerisy, c'est à la fois un lieu, une famille, une Association avec des bénévoles et des salariés, et une personne qui en est la conscience ou la boussole. Équilibre délicat, mais dynamique, qu'il faut mettre en résonance pour reprendre le thème développé par Hartmut Rosa (Résonance, une sociologie de la relation au monde, Éditions La découverte, 2018), et qui me paraît constituer un point de convergence critique et entraînant pour notre époque.
 
Il me semble que la réussite de ce séminaire a consisté en sa capacité à faire dialoguer entre elles ces différentes "parties prenantes", en particulier les administrateurs avec la famille et l'équipe du Centre culturel, et à les faire réfléchir ensemble sur les évolutions à mettre en oeuvre pour que Cerisy assure son (ses) rôle(s) dans le contexte sociétal inédit que nous traversons. Nous y reviendrons dans les prochaines newsletters, une fois tiré le bilan de cette année difficile.
 
Jean-Baptiste de FOUCAULD, Président de l'AAPC
 
 
RETOUR SUR UN FOYER DE CRÉATION ET D'ÉCHANGES
 
 
Reprenant une tradition de Pontigny et du premier Cerisy, le Foyer de création et d'échanges propose un séjour en mode résidence d'artiste ou de chercheur, pour y mener un projet personnel, en profitant du cadre, des espaces du château, de la bibliothèque, tout en s'adonnant à des activités collectives. Naturellement, aucune de ces activités ne devait obliger personne, chacun demeurant libre d'y participer ou pas. Loin de décourager le CCIC de mettre en place ce Foyer, le double contexte de crise sanitaire et de déconfinement a été vécu comme une opportunité pour l'expérimenter, d'autant plus qu'il a fallu reporter 15 des colloques prévus en 2020.
 
Une vingtaine de personnes, de 3 à 88 ans (une cadre d'entreprise étant venue avec son enfant), répondirent présent, auxquelles devait s'ajouter un groupe d'une douzaine d'autres constitué à l'initiative de Maylis Dupont (Département de la Stratégie, Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle), pour un projet d'ouvrage collectif, "Puisque nous le pouvons…", sur les "nouveaux espaces d'actions et de réflexions" apparus dans un contexte de crise sanitaire.
 
 
Un art du (dé)confinement ?
 
Pour notre part, nous avions proposé de saisir cette première édition pour inviter les participants à réfléchir ensemble sur ce que pourrait être un "art du (dé)confinement" (présentation sur notre site). Parmi les personnes qui s'engagèrent à vivre cette première expérience, plusieurs proposèrent des interventions en lien avec notre thématique :
- Alain Kaufmann et Philip Clark (respectivement biologiste et sociologue ; philosophe et entrepreneur), qui saisirent l'occasion du Foyer pour expérimenter "une résidence de recherche" consistant en une exploration de la notion de coopération (versus collaboration) et de ses conditions de possibilité au sein du monde de la recherche ou de l'entreprise. Ils proposèrent pour cela de réaliser des entretiens individuels au moyen d'un "mini studio de production" avec plusieurs des personnes présentes sur place – celles-ci étant invitées à partager une expérience de coopération significative à leurs yeux pour expliciter ensuite la manière dont ils envisageaient la coopération de façon plus générale ;
- Adèle Godefroy et Adrien Chapel (respectivement photographe et doctorante en littérature générale et comparée ; doctorant, poursuivant une thèse en recherche-création). La première présentera ses photos prises dans un Paris confiné ; le second, une séance d'écriture à partir d'un "koan zen", précédée d'exercices de posture et/ou de respiration ;
- Philippe Aubert (auteur de Rage d'exister, un récit dans lequel il rend compte de son parcours de vie en tant qu'invalide moteur cérébral athétosique). Venu à Cerisy pour préparer ses premiers cours et finaliser un projet de Manifeste, destiné à poser le cadre général de son action, il témoigna de la manière dont son expérience du confinement lui a offert l'opportunité d'approfondir une réflexion autour de la notion d'"invalidité".
 
Se sont ajoutés la philosophe des sons, Antonia Soulez, sur le thème "Les orchestres en régime de confinement / déconfinement" ; Marie-Luce Kerever à propos de son expérience du confinement à Hanoï (Vietnam) où elle se trouvait alors pour former des professeurs de français,... Last but not least, les échauffements corporels de Géraldine Hatchuel ("désigneuse d'expérience" et entrepreneure), organisés chaque jour, en début de matinée, à différents endroits du parc (aux bords de l'étang, dans le potager ou au "vallon") à distance, puis sur place.
 
D'autres propositions devaient émerger au cours du séjour : celle de Colette Camelin sur l'expérience du ghetto par James Baldwin, celle d'Axel Queval sur son engagement comme Casque Bleu ; une séance de lecture d'extraits de textes écrits par des résidents, à l'initiative de Paule Brajkovic ; enfin, une visioconférence avec Yves Citton, autour d'articles récents consacrés à la Covid-19. On le voit, la programmation se fit au fil de l'eau, une différence notable avec le colloque habituel qui s'appuie sur un programme préétabli de communications prévues longtemps à l'avance.
 
 
Une sociabilité renouvelée
 
Mais la sociabilité cerisyenne a-t-elle survécu aux règles strictes imposées par la Covid-19 ? Car, bien évidemment, les participants furent tenus de respecter les gestes barrière, de porter le masque dans les parties communes, de faire usage de gel hydro-alcoolique disposé à l'entrée des différents espaces. Au terme de cette première expérience, force est de constater que cette sociabilité a non seulement survécu, mais encore s'est renouvelée. À cet égard, il faut remercier le personnel du château qui s'est adapté en réorganisant en conséquence le déroulement des repas et l'usage des lieux de travail. Tout en veillant avec autorité au respect des consignes, il a su créer les conditions permettant aux résidents de vivre presque comme si de rien n'était.
 
Renouvelée, la sociabilité cerisyenne l'a été au sens où elle a réussi à surmonter une tension découlant de la proposition contradictoire inscrite dans l'esprit même du Foyer : inviter des participants à poursuivre un travail personnel tout en prenant part à un projet collectif. Tous n'ont d’ailleurs pas réagi de la même façon, entre ceux qui s'en sont tenus à leur projet personnel (tout en partageant les repas), ceux qui ont finalement privilégié le projet collectif, mais en en faisant toutefois matière pour leur projet personnel ; ceux qui ont eu besoin de temps pour trouver un équilibre entre les deux finalités ; enfin, ceux qui ont tiré profit de la présence d'un public pour présenter un travail personnel en lien ou non avec la thématique du (dé)confinement..
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Une communauté éphémère
 
Malgré cette diversité de situations, l'ensemble des résidents a manifestement su faire "communauté". Chacun avec ses mots a témoigné du sentiment d'avoir fait l'expérience d'une confrontation avec d'autres singularités, d'autres langues, d'autres mondes. L'avenir dira si cette communauté a été aussi éphémère que celles qui se créent dans les précédents colloques cerisyens. Une chose est sûre : elle a été probablement plus intégratrice au sens où les résidents arrivés en cours de route ont su rapidement trouver leur place et même prendre le relais d'un(e) autre (ainsi Colette Camelin qui a proposé des séances de tai-chi suite aux échauffements de Géraldine). Il n'est pas jusqu'aux deux personnes en situation de handicap (Philippe Aubert et Noémie Nauleau) qui ont su participer aux échanges jusqu'à questionner la notion même de handicap, et confronter leurs engagements associatifs au cours d'un échange démocratique de forte intensité.
 
 
Des productions in situ et des prolongements
 
Le Foyer aura eu aussi des effets plus que positifs en termes de production in situ et ex-post.
 
In situ avec, outre les séances évoquées plus haut, l'échange autour de l'expérience du (dé)confinement d'Adèle et d'Adrien, enrichi de la lecture des textes écrits par les résidents à partir des photos de la première ; l'atelier d'écriture poético-zen du second ; la performance "maintenants, synapse" de la "poète" Rachel Defay-Liautard ; le témoignage d'Axel Queval de son expérience de Casque bleu ; celui de Philippe Aubert sur sa propre expérience du confinement.
 
Ex-post ensuite, avec une vidéo de Philip Clark et Alain Kaufmann, à partir des entretiens réalisés (dont ils nous ont présenté une synthèse fort pertinente) et plusieurs projets de publications : le livre photo imaginé par Adèle Godefroy et notre propre recueil d'entretiens avec plusieurs participants (sur leur expérience du confinement, mais aussi les enseignements qu'ils tiraient du Foyer au regard de la thématique proposée).
 
À suivre, donc.
 
Sylvain ALLEMAND, Secrétaire général de l'AAPC.
 
 
UN RALLYE DIDEROT DANS LA MANCHE
 
 
Voici que Diderot s'installe dans la Manche. Lors du colloque qui lui est consacré à Cerisy du 10 au 17 août 2020, la journée de détente qui a traditionnellement lieu à mi-parcours sera consacrée à un jeu de piste autour du philosophe français. Comme il ne s'est jamais rendu lui-même dans la Manche de son vivant, il a fallu trouver des liens indirects entre lui et le département normand. Le grand nombre d'établissements catholiques vénérables encore debout autour de Cerisy ont créé un premier lien avec l'auteur de "La Religieuse" : l'Abbaye de Hambye et la cathédrale de Coutances ont été mises à contribution avec, en particulier, un hommage à la Vierge, le personnage de Diderot ayant héroïquement résisté aux assauts de la mère supérieure pour conserver sa virginité. L'Encyclopédie a aussi été d'un très grand secours : on y trouve en effet tout ; tout sur la fonte des cloches, d'où l'entrée en scène du musée de Villedieu-les-Poêles ; tout sur la pêche à pied, la pêche côtière ou la récolte du sel, d'où la relation avec le musée de la Baie-du-Mont-Saint-Michel à Vains (prononcer à la normande, Vinse) ; tout sur les fours à chaux, d'où le détour par le musée de la mer à Régneville ; et tout sur les abbayes, notamment celle de Saint-Sauveur-le-Vicomte. C'est aussi dans cette ville que nous avons pu établir, bien sûr, un lien avec le musée Barbey d'Aurevilly qui a précisément écrit un livre sur (contre) Diderot. Ce dernier a aussi beaucoup écrit sur les peintres exposant lors des Salons : or, heureuse coïncidence, le musée de Coutances possède justement un Claude Joseph Vernet, un des peintres préférés de Diderot (voir aussi "Sur ma vieille robe de chambre").
 
 
 
"Abbaye de Hambye"
 
 
 
Et il se trouve qu'une des célèbres tragédies de Voltaire, l'autre grand philosophe avec qui Diderot avait tant en commun, a comme titre Tancrède, ce qui nous donne un lien avec le musée Tancrède de Hauteville-la-Guichard. Sans oublier que l'épopée des normands en Méditerranée n'est pas sans rappeler celle des grands explorateurs tels que Bougainville, dont Diderot utilisera les exploits pour remettre en question toute l'organisation de la vie sexuelle et de la famille dans la société française de son époque. On pourrait d'ailleurs aussi faire un rapprochement avec le grand explorateur de Coutances, Legentil de la Galaisière, qui n'hésita pas à partir pour deux années de voyage à Madras, afin de mesurer au mieux, malheureusement en vain, la distance Terre-Soleil en observant le transit de Vénus.
 
Voila de quoi occuper une bonne journée, dans un colloque qui s'annonce riche. Dans un moment d'égarement, Julien Gracq avait dit que les Lumières avaient beaucoup éclairé, sans rien trouver… Gageons que les participants au colloque prouveront le contraire.
 
Axel QUEVAL, Conseiller bénévole à Cerisy,
Chargé des visites du château et des excursions en Normandie
 
 
PROGRAMME DES MOIS DE SEPTEMBRE ET D'OCTOBRE
 
Illustration du colloque "Les autres noms du temps" (2020)
Les autres noms du temps
 
Du mardi 8 au mardi 15 septembre
 
Direction:
Vincent BONTEMS (CEA)
Étienne KLEIN (CEA
)
 
"Le changement d'heure" (n°59) © Gilbert Garcin - Galerie Camera Obscura
 
Raconté par le langage, pensé par les philosophes, représenté par les équations, le concept de temps semble ne pouvoir être appréhendé autrement que par une réflexion collective et transdisciplinaire profonde. Le colloque questionnera la réalité complexe qui se cache derrière le simple mot de "temps".
 
Illustration du colloque "Mémoires et enjeux du maritime en Normandie" (2020)
Mémoires et enjeux du maritime en Normandie
 
Du mercredi 16 au samedi 19 septembre
 
Direction:
Vincent AUBIN (Région Normandie)
Pascal BULÉON (CNRS - Univ. Caen Normandie - MRSH)
Christophe MANEUVRIER (Univ. Caen Normandie - MRSH)
Frédérique TURBOUT (Univ. Caen Normandie - MRSH
)
 
Les Normands tournent-ils le dos à la mer ? Il s'agira de faire reconnaître la richesse du patrimoine maritime de la Normandie à l’ensemble de ses acteurs, tout en les mettant en réseau. On tentera alors de dégager les enjeux prospectifs du maritime afin de contribuer à la définition d'une stratégie régionale.
 
Illustration de l'atelier "Maïeutique - Récits d'un nouveau monde" (2020)
ATELIER
Maïeutique - Récits d'un nouveau monde
 
Du mercredi 16 au dimanche 20 septembre
 
Direction:
Olivier FRÉROT
Luc GWIAZDZINSKI
Chris YOUNÈS
 
À partir du récit de l'Anthropocène comme nouvel âge géologique de la Terre, marqué par l'impact majeur des activités humaines sur la planète et ses écosystèmes, et après le grand confinement, nous sommes invités à imaginer des devenirs d'un autre type pour construire des rapports féconds entre l'anthropisation et la vie. Comment survivre à l'épuisement des milieux et de l'individu ? Comment faire pour rebondir vers une ville et des établissements conviviaux, à la fois résister à la déréliction et co-créer avec le vivant ? Autrement dit, comment élaborer ensemble une nouvelle maïeutique ?
 
Illustration du colloque "Angles morts du numérique" (2020)
Angles morts du numérique
 
Du jeudi 24 septembre au jeudi 1er octobre
 
Direction:
Yves CITTON (Univ. Paris 8 et ArTeC)
Francis JUTAND (Institut Mines Télécom)
Marie LECHNER (Gaîté Lyrique)
Anthony MASURE (HEAD, Genève)
Vanessa NUROCK (Univ. Paris 8)
Olivier LECOINTE (Cercle des partenaires de Cerisy
)
 
DISNOVATION.ORG - Predictive Art Bot - Exposition: Transmediale 2017 @ HKW — Photo: Dasha Ilina, CC NC-SA 4.0.
 
Omniprésent, vecteur de transparence ou mode de surveillance, force ou menace, le numérique a ses angles morts. Artistes, chercheurs et acteurs socio-économiques échangeront à partir de situations concrètes proposées par le Cercle des partenaires de Cerisy, pour tenter de construire des orientations d’intérêt général.
 
Illustration du colloque "L'Europe du cinéma" (2020)
L'Europe du cinéma
 
Du samedi 3 au mercredi 7 octobre
 
Direction:
Vincent AMIEL (Univ. Paris 1)
José MOURE (Univ. Paris 1)
Benjamin THOMAS (Univ. Strasbourg)
David VASSE (Univ. Caen Normandie
)
 
Le colloque vise à analyser les éléments qui ont permis de construire, au XXe siècle, dans le domaine du cinéma, un véritable espace de création transnational. Il s'agira de repérer les transferts effectifs, fortuits ou non, entre les créateurs, lieux et instances de production européens.
 
 
PUBLICATIONS RÉCENTES
 
Repenser l'aménagement du territoire
Repenser l'aménagement du territoire
 
Direction: Stéphane Cordobes, Xavier Desjardins, Martin Vanier
Éditeur: Édition Berger-Levrault
Collection: "Au fil du débat - Études"
ISBN: 978-2-7013-2071-7
 
Aménagement du territoire, attractivité régionale, compétitivité, puis égalité, et enfin, cohésion des territoires : depuis 20 ans, la succession des termes signale la quête d'une reformulation de la pensée aménagiste en France. Aucune ne semble convaincre. Le
monde se précipite dans un changement global, la société française poursuit sa mutation, et avec elle les territoires dans lesquels elle se projette et s’inscrit. Mais peut-on en dire autant de la conception qu’elle se fait de ce que doit être "l’aménagement du territoire", si cher au pays ? La pensée aménagiste collective serait-elle en retard sur les transformations sociales, économiques, environnementales et culturelles qu’elle prétend réguler ?
Interpellés par la fréquence et l’intensité des débats, controverses et crises qui concernent aujourd’hui la question territoriale, une quarantaine de chercheurs et d’acteurs se sont retrouvés du 7 au 13 septembre 2019 au Centre culturel international de Cerisy, pour questionner la pensée et l’action aménagistes.
Depuis la fin des Trente Glorieuses, la politique de l’aménagement du ou des territoires peine manifestement à changer les fondamentaux qui la justifiaient. S’agit-il encore "d’aménagement" ? Celui-ci traite-t-il toujours exclusivement de "territoire" ? Le temps semble venu de changer les catégories d’analyse, le système d’acteurs, le langage et l'horizon qui les rassemblent. La pensée aménagiste ? Rénovation complète !
Loin des débats usés qui opposent les territoires et les métropoles, le pouvoir local et le pouvoir central, ou le développement et l’écologie, cet ouvrage collectif propose une série de pistes pour refonder la pensée aménagiste de la France du XXIe siècle.
 
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Brassages planétaires. Jardiner le monde avec Gilles Clément
Brassages planétaires
Jardiner le monde avec Gilles Clément
 
Direction: Patrick Moquay, Véronique Mure
Éditeur: Hermann Éditeurs
Collection: "Colloque de Cerisy"
ISBN: 979-1-0370-0357-7
 
Les brassages planétaires font débat. Les diverses migrations qu'ils recouvrent sont un trait fondamental des sociétés et des milieux vivants, à travers l'histoire ; mais leur apparente accélération contemporaine suscite des réactions fortes, souvent hostiles. Cet ouvrage part de plusieurs intuitions : le caractère intellectuellement fructueux d'explorer tout à la fois les migrations humaines, végétales et animales. La nécessité de faire le point sur ces brassages, de mettre à plat les arguments qui s'échangent, et l'intérêt de creuser le parallèle entre les différentes migrations, ne serait-ce que pour en vérifier — ou non — le bien-fondé, en mesurer la portée et les limites.
Ce faisant, esquisser l'espace d'une construction intellectuelle et politique assumée des brassages planétaires.
 
À lire: "Migrer, une condition d'existence du vivant", Gilles Clément, Emanuele Coccia, Antoine Kremer, Jacques Tassin et Sébastien Thiéry, Libération, septembre 2018.
 
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Prospective et co-construction des territoires au XXIe siècle
Prospective et co-construction des territoires
au XXIe siècle
 
Direction: Isabelle Laudier, Lucie Renou
Éditeur: Hermann Éditeurs
Collection: "Colloque de Cerisy"
ISBN: 979-1-0370-0214-3
 
Les territoires sont traversés par des transformations profondes qui mettent en question leur développement et leurs stratégies  :enjeux environnementaux, numériques, économiques et sociaux, enjeux de gouvernance. Ces mutations convergent vers un besoin grandissant d’éclairage à long terme, de prospective, à partir des acteurs des territoires, mais aussi de stratégies innovantes. En tant qu’acteur important des territoires, la Caisse des Dépôts avec sa Banque des territoires soutient de nombreuses réflexions territoriales, pour mieux adapter ses missions aux besoin de demain. Un colloque de capitalisation de ces travaux a été organisé en septembre 2018 au Centre culturel international de Cerisy, qui a rassemblé une soixantaine de géographes, économistes, chercheurs en aménagement du territoire et urbanisme, mais aussi experts, techniciens, élus, étudiants, entrepreneurs. Cet ouvrage, issu du colloque, présente des résultats, mais ouvre aussi de nouvelles pistes pour l’avenir.
 
 
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Rethinking our world from the perspective of poverty with Joseph Wresinski
Rethinking our world from the perspective
of poverty with Joseph Wresinski
 
Edited by Bruno Tardieu & Jean Tonglet
In conjunction with David Jousset & Béatrice Noyer
Foreword by Ruth Lister
ISBN: 979-1-0370-0390-4
 
Persistent poverty, even in rich countries, makes us question history, human relationships, responsibility, culture, and knowledges.
Joseph Wresinski, who founded the International Movement ATD Fourth World in 1957, opened a field of grass-roots advocacy and
reflexion that set the stage for different scientific disciplines to rethink poverty with people who experience it and to start elaborating an inclusive, actionable knowledge to overcome poverty.
This book stems from the proceedings of a Cerisy colloquium held in June 2017, on the occasion of Wresinski's centennial. It picks up the challenge of thinking about our world with academics, practitioners, artists, and people living in poverty from five continents. Their contributions, based on Wresinski's approach, open up new avenues for research and practice that take into account our knowledge of the injustice of poverty.
 
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PUBLICATIONS À VENIR
 
Valère Novarina. Les tourbillons de l'écriture
Valère Novarina
Les tourbillons de l'écriture
 
Direction: Marion Chénetier-Alev, Sandrine Le Pors, Fabrice Thummerel
Éditeur: Hermann Éditeurs
Collection: "Colloque de Cerisy"
ISBN: 979-1-0370-0362-1
 
Organisé à Cerisy, le colloque international dont est issu ce volume présente deux intérêts majeurs : d'une part, il réintroduit avec force le théâtre dans l'histoire des manifestations cerysiennes puisque consacré à l'œuvre du plus important dramaturge contemporain, qui est également écrivain, peintre et metteur en scène ; d'autre part, ce colloque marqué par un rare enthousiasme a mis en évidence la puissance théorique et pratique, éthique et esthétique, d'une œuvre déjà reconnue mais dont il convenait de récapituler les aspects les plus divers. Ainsi, cet espace novarinien (Novarimonde) qui nous arrache à notre tranquille humanité, à notre commode immobilité, pour nous entraîner dans un tourbillon de signes et de formes, les intervenants l'ont parcouru en tous sens, empruntant les pistes théologiques, philosophiques, dramaturgiques, poétiques, ou encore scéniques et topologiques, pour montrer comment le créateur organise le chaos grâce à la quadressence de son art.
 
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Écrire pour inventer (à partir des travaux de Jean Ricardou)
Écrire pour inventer
(à partir des travaux de Jean Ricardou)
 
Direction: Marc Avelot, Mireille Calle-Gruber, Gilles Tronchet
Préface: Edith Heurgon
Éditeur: Hermann Éditeurs
Collection: "Colloque de Cerisy
ISBN: 979-1-0370-0392-8
 
La diversité des travaux de Jean Ricardou et leur fondamentale unité se résument en un principe : une infatigable pratique de l'écriture, alliée à des investigations théoriques des plus rigoureuses.
Telle est la dynamique qui a fait de lui un écrivain plein d'audace en même temps qu'un pédagogue et un théoricien : explorateur du Nouveau Roman, promoteur des ateliers d'écriture, il est aussi l'inventeur d'une discipline ayant l'écrit pour objet : la textique. Ainsi, la remarquable inventivité dont il a fait preuve dans le domaine du récit fictionnel s'est conjuguée avec une capacité hors du commun à tirer des leçons générales de ses expérimentations novatrices, à produire des ensembles de concepts permettant de mieux comprendre les mécanismes de l'écriture et leurs enjeux.
Ce volume, issu d'un colloque de Cerisy tenu en août 2019, déploie les facettes d'un parcours intellectuel sans précédent, qui invite à renouveler les méthodologies dans des domaines très variés (pratique de la fiction, enseignement de l'écriture, analyse d'œuvres littéraires, plastiques et musicales, urbanisme, architecture), auxquels la textique peut apporter de nouveaux éclairages.
 
En savoir plus sur ce colloque
Humains, animaux, nature
Humains, animaux, nature
Quelle éthique des vertus pour le monde qui vient ?
 
Direction: Gérald Hess, Corine Pelluchon, Jean-Philippe Pierron
Éditeur: Hermann Éditeurs
Collection: "Colloque de Cerisy"
ISBN: 979-1-0370-0373-7
 
L'éthique des vertus met l'accent sur les représentations et les affects qui poussent les personnes à agir, au lieu de se focaliser sur les normes et de se borner à énoncer des interdictions et des obligations. Elle aide ainsi à combler l'écart entre la théorie et la pratique qui est particulièrement dramatique à un moment où les individus comme les États reconnaissent la réalité du changement climatique mais ne parviennent pas à réorienter les modes de production ni à reconvertir l'économie. Quel processus de transformation de soi permet d'avoir du plaisir à consommer autrement et d'acquérir les traits moraux indispensables à la transition écologique ? Celle-ci reposant autant sur le volontarisme politique que sur la capacité des citoyens à modifier leurs styles de vie, il importe aussi de se demander comment articuler le plan individuel et le plan collectif. Enfin, faut-il penser que l'éthique a une dimension universaliste ou souscrire à une approche plus particulariste et contextualisée de la morale ? Telles sont les questions qui réunissent dans ce volume des chercheurs issus de disciplines différentes.
 
En savoir plus sur ce colloque
 
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