Juin 2020 
La lettre de l'Assemblée des Femmes


 
Actualités
Lutte contre les violences conjugales : des avancées à sécuriser
 
En 2019, le Gouvernement a fait face à une mobilisation exceptionnelle des mouvements féministes contre les féminicides. Fin août de la même année, Aurélien Pradié annonce le dépôt d'une proposition de loi visant à lutter contre les violences intrafamiliales, au cours de son examen de nombreux amendements de la gauche sénatoriale visant à mieux protéger les victimes de violences ont été rejetés en bloc par le Gouvernement. 
 
Le 9 juin 2020, le sujet des violences revient au Sénat, mais de manière plus restreinte avec la proposition de loi visant à protéger les victimes de violences conjugales.
 
Cette fois-ci, plusieurs avancées sont à noter malgré une opposition encore marquée du Gouvernement. Un amendement, porté par Laurence Rossignol, présidente de l'Assemblée des Femmes, et Marie-Pierre de La Gontrie, a corrigé l'absurdité contenue dans le décret du 27 mai : la victime ne disposait que de 24 heures pour notifier la demande d'ordonnance de protection à l'auteur des violences, un délai intenable en pratique et dangereux pour les victimes (le non respect de ce délai entraînait la caducité de la procédure).
 
D'autres avancées sont également à noter :
👉 l’interdiction de remplacer un dépôt de plainte par une main courante,
👉une meilleure protection des victimes : la présomption du danger se fait avec la vraisemblance des violences et non plus en tant que fait caractérisé,
👉 une meilleure effectivité de l’ordonnance de protection
👉 et le un renforcement du principe d’éviction du conjoint violent.
 
Si nous pouvons nous réjouir de cette première étape, nous devons rester vigilantes puisque ces avancées sont à garantir lors de l'accord qui sera trouvé le 9 juillet 2020 sur le texte entre le Sénat et l'Assemblée nationale. 
 
 
Municipales 2020 : la moitié des 10 plus grandes villes seront dirigées par des femmes !
 
Nous pouvons nous réjouir que la moitié des 10 plus grandes villes de France seront dirigées par des femmes : Anne Hidalgo à Paris, Martine Aubry à Lille, Michèle Rubirola (on l'espère) à Marseille, Johanna Rolland à Nantes et Jeanne Barseghian à Strasbourg.
Pourtant, la progression de femmes maires n'est pas aussi nette que cela. Lorsque l'on s'intéresse aux environ 30 000 communes concernées par le premier tour, seulement 19% sont dirigées par des femmes (contre 16% en 2014).
 
 
 
Lutte contre le système prostitutionnel
 
Le 22 juin, le Gouvernement a rendu public, avec deux ans de retard, le rapport faisant une évaluation de la loi de 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées. Une loi que l'Assemblée des Femmes défend avec vigueur.
 
L’évaluation a montré que cette loi protège bien les personnes prostituées et qu’elle est efficace si elle est portée par le Gouvernement. Si les ministères de la Justice et de l’Intérieur ainsi que le secrétariat d’État en charge des droits des femmes ne sont pas actifs, ce sont les personnes prostituées qui en font les frais. Il faut donc davantage de volontarisme politique et de moyens financiers pour garantir l'effectivité de la position abolitionniste de la France. Enfin, le rapport signale une progression très inquiétante de la prostitution des mineur·es.
 
Le 3 juillet 2020, l'Assemblée des Femmes organise un colloque en visioconférence afin de penser la question de la lutte contre la prostitution des mineur·es. 
 
 
Université d'automne 2020 de l'Assemblée des Femmes : découvrez les thèmes et les premières intervenantes 🎉
 
Les 10 et 11 octobre 2020 aura lieu à La Rochelle la 28ème Université d'automne de l'Assemblée des Femmes. Nous avons hâte de vous y retrouver ! 
 
Nous pouvons déjà vous donner un avant goût des débats à venir avec les thématiques sélectionnées et les premières intervenantes. 
 
Nous parlerons de l'avenir de l'écoféminisme avec notamment Delphine Batho, députée Europe Écologie les Verts,  Audrey Pulvar, conseillère municipale de Paris et militante écoféministe, Marie Toussaint, députée européenne EELV, et Monique Dental, Fondatrice du Collectif de pratiques et de réflexions féministes Ruptures 
 
Avec Tania de Montaigne, écrivaine et militante féministe et anti-raciste, Marylin Maeso, philosophe, Martine Storti militante féministe, professeure de philosophie et journaliste, et Céline Piques, porte parole d'Osez le féminisme, nous débattrons du féminisme universel
 
Une des quatre tables rondes portera sur les questions du vieillissement des femmes qui est lourdement sanctionné par nos sociétés, avec : Michèle Delaunay, ancienne ministre et cancérologue, Sophie Bourel, actrice et créatrice féministe, Céline Charlap, sociologue, et Sophie Dancourt journaliste féministe. 
 
Enfin, nous débattrons autour des conséquences du télétravail pour les femmes : mirage ou sauvetage ? Avec notamment Marie DonzelDirectrice Associée chez AlterNego - experte inclusion & innovation sociale, et Marie Becker, Directrice conseil chez Accordia, experte mixité, égalité professionnelle et sexisme. En amont, Priscillia Ludosky, militante, fera un point sur la place des femmes dans les luttes. 
 
Réservez vos 10 et 11 octobre, les billets pour participer seront bientôt disponibles ! 
 
 
Revue de presse
 
 
La lutte contre les violences conjugales se mue en guérila politicienne
 
L'article de Lucie Hennequin revient sur le décret du 27 mai 2020 qui ne donnait à une victime de violences conjugales que 24 heures pour notifier la demande d'ordonnance de protection à l'auteur des violences. Cette disposition a été largement critiquée par les associations féministes puisqu'il mettait en danger les victimes de violences en rendant les procédures intenables. Plus spécifiquement, Lucie Hennequin montre que ce décret révèle une grande méconnaissance de la réalité. 
 
Article
 
Lettre aux juges : l'inflation législative est un moindre mâle
 
Le 10 juin 2020, Yseline Fourtic-Dutarde, membre du bureau de l'Assemblée des Femmes, publiait une lettre ouverte aux juges afin de pointer du doigt les lacunes de la loi pour faire face aux violences. 
 
 
 " L'arsenal juridique de lutte contre les violences sexuelles et sexistes est déjà très perfectionné. Et pourtant, tant de femmes et tant d'enfants sont démuni.e.s face à la justice de notre pays. "
 
Lettre
 
« Le confinement a été révélateur des inégalités qui structurent la vie familiale »
 
François de Singly, sociologue, interrogé par Solène Cordier, est revenu sur la manière dont le confinement a été un violent révélateur des inégalités entre les femmes et les hommes. Les femmes ont été d'autant plus affectées par cette période puisque pour elles le travail relève bien souvent de la sphère d'autonomie.
 
Beaucoup, y compris des femmes féministes, ne sont plus juste elles-mêmes mais deviennent avant tout des mères et des épouses dès qu’elles poussent la porte de la maison. Pour les femmes, c’est à l’extérieur de la maison la « pièce à soi » chère à Virginia Woolf. "
 
Article
 
L'anti revue de presse
 
 
Prénom : Une ; Nom : Femme
 
" Une femme " : voilà une formulation que nous retrouvons dans de nombreux journaux. À force de lire "qu'une femme" a été élue, a remporté tel prix, a publié tel livre, nous pouvons nous dire que " une femme " est une personne très prolifique et très célèbre, elle a d'ailleurs sa page Wikipédia
 
Encore une fois, nous sommes face à une formulation permettant d'invisibiliser et d'essentialiser les femmes. C'est-à-dire que même lorsque l'on daigne de relater des actes et réussites de femmes, on refuse de leur accorder de la valeur et le mérite qui leur revient. Cette formulation met en avant le traitement différencié des femmes dans les médias, en plus de leur sous-représentation. Qui plus est, présenter une femme comme " une femme " la ramène automatiquement au fait qu'elle est une femme et angle le propos d'une manière différente. 
 
C'est très mâle
 
Face à la couverture de Cosmétiquemag, trois hypothèses sur la nature du patronnat dans le secteur hygiène beauté : 
- il n'existe qu'une seule femme dirigeant une entreprise de la filière,
- les femmes à la tête d'entreprises du secteur hygiène-beauté ne connaissent aucune difficulté dans la crise économique actuelle
- ou Cosmétiquemag se dit que patron c'est quand même un métier de mâle. 
 
Pour quelle hypothèse penchez-vous ? Résolvez le mystère juste ici.  
 
 
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☀️On se retrouve en septembre, bel été et bonnes vacances ! ☀️ 
L'équipe de l'Assemblée des Femmes
 
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