BULLETIN DE SITUATION DES NAPPES
OCTOBRE 2020
 Situation au 1er octobre 2020
et bilan de l'année hyrologique* 2019/2020

*période de 12 mois qui débute après le mois habituel des plus basses eaux. En France elle débute généralement au mois de septembre

 
 
Le Sud du département du Gard a reçu, durant l'année hydrologique 2019/2020 (soit du 1er septembre 2019 au 31 août 2020), entre 440 mm (Aigues-Mortes), 600 à 700 mm sur Nîmes (selon les stations) de pluies cumulées. Pour mémoire, le secteur de Nîmes reçoit en moyenne 750 mm de pluie par an, alors que le littoral est souvent moins arrosé (entre 550 et 600 mm/an). L'année 2019/2020 montre donc un déficit de précipitations par rapport à la moyenne. Par ailleurs, elle fait suite à un été 2019 particulièrement sec (déficit de précipitation compris entre 50 à 70 % par rapport aux normales).
 
L'année hydrologique 2019/2020 se caractérise par une fin d'année 2019 arrosée, 55 % du cumul annuel est survenu entre le mois d'octobre et le mois de décembre. A l'inverse, l'année 2020 est plutôt sèche et déficitaire. Seuls les mois d'avril et d'aout enregistrent un cumul de pluie conforme aux normales, tous les autres mois de l'année sont déficitaires. L'été 2020 est également particulièrement sec (malgré les pluies du mois d'août), avec un déficit de précipitations compris entre 30 et 40 % par rapport aux normales.
 
Seules les précipitations importantes de l'année 2018 (1120 mm sur Nîmes) avaient permis de restaurer des niveaux de hautes eaux (qui eux même n'avaient pas été connu depuis près de 10 ans). Depuis, le Sud du Gard connait un déficit pluviométrique qui a une incidence sur le niveau des nappes Vistrenque et Costières.
 
Dans ce bulletin, le niveau des nappes sera comparé à ceux des années 2019, notamment pour le secteur amont et 2017 (voire 2014) plus au Sud. Ce sont les années où les niveaux les plus bas ont été enregistrés en été durant les 15 dernières années. En particulier en 2017 l'étiage** s'est poursuivi jusqu'au mois de décembre.
 
**L'étiage, en hydrologie, correspond statistiquement à la période de l'année où le niveau d'une nappe atteint son point le plus bas (basses eaux).
 
Nappe de la Vistrenque
 
Dans le secteur central, au Mas Faget, la baisse estivale se poursuit en août et en septembre (-30 cm) et l'étiage n'a toujours pas été rompu.
Le 1er octobre 2020, le niveau est inférieur de 50 cm à celui du 1er octobre 2019, de 10 cm à celui du 1er octobre 2017 et reste modérément bas.
 
L'année hydrologique 2019/2020 se caractérise par une hausse du nvieau à l'autome (+ 30 cm), une stabilisation de celui-ci du début de l'année jusqu'en juin, puis une lente baisse durant l'été (- 60 cm) qui s'accentue en août et se poursuit en septembre.

La différence entre le niveau des hautes eaux et celui du 1er septemembre 2020 est de 92 cm. Cet écart est inférieur à celui du battement moyen*** sur ce forage qui est de 1,93 m.
 
Vers Nîmes et Caissargues, la baisse du niveau constatée en août est compensée par la hausse générée par les pluies de septembre. Le niveau est inférieur de 25 cm à celui du 1er octobre 2019 et comparable à celui du 1er octobre 2017.
La situation est conforme aux moyennes inter-annuelles.

Dans le secteur le plus aval, au sud du Cailar, le niveau reste gloablement stable en août, puis s'élève lentement en septembre (+ 15 cm). Il est comparable à  celui du 1er octobre 2019 et supérieur de 20 cm à celui de 2017. La situation est proche des moyennes interannuelles.
 
L'année hydrologique est marquée par une hausse du niveau qui débute mi septembre et se poursuit jusqu'à fin janvier à la faveur des différents épisodes pluvieux (+ 65 cm). Le niveau baisse lentement ensuite jusqu'à fin avril (- 25 cm) ou de nouvelles pluies générent une petite recharge (+ 20 cm). Mi mai la baisse estivale est amorcée et se poursuit jusqu'à fin août (- 65 cm).
 
Sur l'année hydrologique 2019/2020, la différence entre les plus basses eaux (le 25/08/2020) et les plus hautes eaux (le 27/01/2020) est de 75 cm. Cet écart est inférieur à celui du battement moyen (1,73 m) sur ce forage.
 
*** le battement (ou battement annuel) est la différence entre le niveau des plus basses eaux et celui des plus hautes eaux enregistrées sur une année hydrologique. Le battement moyen est calculé en faisant la moyenne des battements annuels
Zones d'alimentation
 
Dans les zones d'alimentation de la nappe, l'étiage a été rompu par les pluies de la fin d'été. L'incidence des ces pluies est varaible selon les secteurs.

Dans le secteur nord à Courbessac, en bordure des calcaires, la baisse du niveau en août n'est pas compensée par la hausse constatée en septembre et le niveau diminue de  25 cm sur la période. Comparable à celui de l'an dernier à la même date et à celui de 2017, le niveau reste bas par rapport aux moyennes interannuelles.
 
Dans ce secteur, influencé par l'apport d'eau en provenance de l'aquifère des calcaires des garrigues Nîmoises, l'amplitude des variations du niveau de la nappe est plus importante que celle observée au centre de la plaine. Ainsi sur l'année hydrologique 2019/2020, le niveau s'élève de la mi octobre à la mi janvier (+3,65 m). Il décroît ensuite jusqu'en mai (- 2 m) où la baisse s'atténue à la faveur des pluies. Dès le mois de juin la décroissance estivale est amorcée (-1,9 m) et l'étiage ne sera rompu que mi septembre.
 
La différence entre le niveau du 1er septembre 2020 et celui des plus hautes eaux de la même année est de 3,71 m. Ce battement est inférieur de 70 cm au battement moyen sur ce forage.

A Bezouce, grâce aux pluies de septembre le niveau reste stable sur la période.  Supérieur de 50 cm à celui du 1er octobre 2019 et de 40 cm à celui de 2017, le nvieau reste modérément bas.
 
Dans le secteur de Vergèze, où les calcaires se remplissent et se vidangent beaucoup plus rapidement que dans la plaine, les pluies de septembre ont permis une hausse du niveau (+ 45 cm), mais celui-ci reste très bas par rapport aux moyennes interannuelles. Les pluies n'ont pas permis de faire évoluer le déficit constaté sur ce secteur.

En comparaison aux années sèches, le niveau est comparable à celui enregistré à la même date en 2019 et 2017, et supérieur de 1,15 m à celui de l'étiage le plus sévère connu le 15/09/2016.
 
L'année hydrologique 2019/2020 montre une période de recharge de fin octobre à fin janvier (+ 3 m), puis une baisse du niveau jusqu' fin avril (- 2,20 m) où de nouveaux épisodes pluvieux ont contribué à recharger la nappe (+ 2 m). Mi mai, la baisse estivale s'amorce et ne sera interrompue que par les pluies fin août (- 3,80 m).
 
L'amplitude entre le niveau de hautes et basses eaux sur l'année hydrologique 2019/2020 est de 4,70 m, c'est 2,6 m de moins que le battement moyen.

A Uchaud, les petits épisodes pluvieux de la fin août et de septembre ont permis de stabiliser le niveau en août et de générer une hausse de 15 cm en septembre. Le niveau est comparable à celui du 1er octobre 2019 et supérieur de 15 cm à celui du 1er octobre 2017. Malgré tout, le niveau reste toujours très bas par rapport aux moyennes interannuelle et le déficit se maintient.

Sur la bordure Nord des Costières à Garons, où l'aquifère peu épais contient peu de réserve, les quelques pluies estivales ont permis de stabiliser la baisse du niveau. Supérieur de 65 cm à celui du 1er octobre 2019 et de 60 cm à celui du 1er octobre 2017, le niveau reste bas mais le déficit tend à se résorber.
 
L'année hydrologique 2019/2020 débute par une période de recharge jusqu'à fin janvier (+ 2,80 m). L'hiver peu pluvieux s'accompagne d'une baisse du niveau jusqu'à mi avril (-1,4 m) puis celui-ci remonte grâce aux pluies de printemps (+ 1,10 m). Mi mai débute la décroissance estivale qui se poursuit jusqu'à mi septembre (- 2.35 m), malgré les pluies de la fin de l'été. 
 
 La différence entre entre le niveau des basses eaux et celui des plus hautes eaux de la même année est de 3,41 m. Ce battement est supérieur de 1 m au battement moyen sur ce forage.
 
 
 Nappes des Costières
 
Dans le secteur de Bellegarde, bien que le niveau décroîsse en août et s'élève en septembre, au final il reste stable entre le 1er août et le 1er septembre. Il est comparable à celui du 1er octobre 2019 et comparable à celui de 2017. Il est également modérément bas par rapport aux moyennes interannuelles.
 
L'année hydrologique 2019/2020 se caractérise par une recharge de la nappe des Costières de Bellegarde de mi octobre à fin décembre 2019 (+ 50 cm). Le niveau baisse ensuite jusqu'à mi avril (- 40 cm). Les pluies de printemps ont permis de stabiliser le niveau qui ne réamorce sa baisse estivale qu'à partir de mi juin (- 20 cm).
 
La différence entre les hautes eaux de l'année hydrologique 2019/2020 est de 50 cm, c'est 45 cm de moins que le battement moyen.

Dans le secteur de Saint-Gilles, le suivi des niveaux a débuté en 2005. Les traitements statistiques sont effectués sur une chronique de 15 ans, à la différence des autres piézomètres où les suivis sont bien antérieurs. Le niveau baisse en août jusqu'aux pluies à partir desquelles il remonte jusqu'au 1er octobre. Il est comparable à celui du 1er octobre 2019 et supérieur de 15 cm à celui de 2017. Des minimas fin août, le niveau rejoint les moyennes interannuelles fin septembre. Le déficit sur se secteur semble s'être résorbé. 
 
Durant l'année hyrologique 2019/2020, comme à Bellegarde, la recharge s'effectue entre le mois de septembre et la fin décembre (+ 90 cm). L'hiver peu pluvieux conduit à une faible baisse du niveau (- 40 cm). Les pluies de printemps sont bénéfiques et la baisse estivale ne débute que mi juin.
 
La différence entre les hautes eaux de l'année hydrologique 2019/2020 est de 1 m, c'est 15 cm de moins que le battement moyen.
  
 
Conclusion
 
Les pluies de la fin de l'été ont, sur la plupart des secteurs, stoppé l'étiage. Ces pluies restent toutefois insuffisantes pour amorcer une réelle une recharge des nappes (à l'exception du secteur de Saint-Gilles)
 
Une recharge significative des nappes s'est produite à l'automne 2019. Toutefois celle-ci fait suite à un déficit pluviométrique marqué dans le département depuis décembre 2018. Aussi les niveaux peinent-ils à rejoindre les moyennes interannuelles dans la partie aval des nappes et en bordure des calcaires dans le secteur de Vergèze fin 2019. La baisse des niveaux constatées durant l'hiver 2020, plutot sec, est heureusement atténuée par les pluies de printemps. Mais l'été 2020 sec et chaud conduit à une situation déifictaire. Ce déficit est plus marqué dans les calcaires, secteur de Vergèze, sur les Costières (Saint-Gilles et Garons).
 
Les mesures de gestion de la sechèresse mises en place depuis le 9 août par les services du Préfet (alerte niveau 1) devraient être atténuées sur les territoire des nappes Vistrenque et Costières dans les jours à venir avec un passage en vigilance. Les mesures sont consultables sur le site de la préfecture, cliquez ici et sur le site du syndicat cliquez ici.
 
 
Carte de situation au 1er octobre 2020
Evolution du niveau dans le forage du Mas Faget en mètre NGF depuis le 1er janvier 2001
 
EPTB Vistre Vistrenque
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