- Newsletter Avril 2020 -
 
 
 INTERCORDIA 
 
COMMENT INTERCORDIA VIT CETTE PERIODE DE PANDEMIE ?
LE MOT DE FRANCOIS - XAVIER SAINT-MACARY,
PRESIDENT D'INTERCORDIA
INTERCORDIA FACE AU COVID-19
 
Le Covid 19 est venu nous rappeler la fragilité de notre humanité et le besoin criant d’un dialogue
interculturel à l’échelle planétaire
.
La mondialisation accélérée peut être perçue comme un danger si l’on s’en tient aux risques de circulation d’un virus et à la dépendance grandissante de certains pays
pour des produits de première nécessité.
A la tentation du repli sur soi durable qui risque de créer de nouvelles tentions insoutenables pour certains pays, s’opposent l’ouverture et la coopération solidaire avec pour objectif de sauver notre maison commune, la planète.
Il nous faut réinventer nos modes d’échanges et d’interaction pour revenir à l’essentiel, vivre dans la paix tout en respectant la nature.
Intercordia est plus que jamais essentiel pour nous apprendre à accueillir l’inconnu, la différence, et gérer le plus sereinement possible de telles crises inédites.
En se fondant sur la rencontre de l’autre (même à distance) avec une grande qualité d’écoute il est possible de créer une dynamique de coopération et de confiance qui libère la créativité dont nous avons besoin pour faire face à ce défi humanitaire.
Intercordia peut aussi se réinventer.
Les besoins de solidarité ne sont pas que dans les pays lointains.
Nos outils pédagogiques vont devoir s’adapter, même si rien ne vaut la relation interpersonnelle in-situ qui reste un des piliers d’Intercordia.
L’accent mis récemment sur l’écologie intégrale dans nos programmes résonne toujours plus fort.
   QUE DISENT NOS VOLONTAIRES SUR LE TERRAIN ?     

3 témoignages de volontaires ayant vécu une mission perturbée par l'épidémie du coronavirus 
 
 
Agnès, volontaire partie en Israël avec l'ONG l'Oeuvre d'Orient, nous exprime son expérience du coronavirus sur place
 
Ici en Israël, des mesures strictes ont été prises dès l’annonce du risque de pandémie.
Le pays, très touristique, était particulièrement en danger. Tous les touristes ont été très vite confinés dans leurs hôtels puis renvoyés chez eux.
Nous avons ainsi vu partir un grand nombre de volontaires. Les mesures sont montées crescendo jusqu'à aboutir au confinement total de toute la population.
Concrètement, qu’est ce que se passe pour moi ?
Pour ma part, mon contrat me donnait la possibilité de rester… ce que j’ai fait. En fait, je dirais que mon quotidien n’a pas beaucoup changé. Je continue à travailler normalement, avec les
mêmes horaires et je ne ressens pas de pression, ni de stress. Ce qui change donc, c’est que de nombreux employés, normalement externes, sont logés au
centre.. Ici, les résidents ont besoin d’une présence H24. Cela donne une bonne ambiance, parfois fatigante car ils parlent fort dans la salle à manger, mais plutôt agréable car cela nous permet de passer plus de temps avec eux. Au travail, nous devons, bien sûr, respecter de strictes normes d’hygiène. Nous ne sortons pas du tout de notre village et ce n’est pas évident de vivre sur son lieu de travail sans la coupure entre la vie privé et le travail.
 
 
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Blanche, volontaire partie au Liban avec l'ONG Anta Akhi, nous partage son expérience auprès des personnes avec un handicap et son retour en France
 
La maladie au Liban est quelque chose qui est pris très au sérieux car il y a très peu d’infrastructures pour accueillir les malades. En Février, la population s’est très vite confinée d’elle- même et il nous a fallu nous adapter : le contact physique a été interdit avec les jeunes handicapés, et nous ne pouvions plus leur serrer la main alors qu’ils ont besoin de ce lien pour se sentir reconnus… nous avons été obligés, donc, développer d'autres stratégies de communication : nous
chantions, nous avons installé un oiseau à l’étage pour qu’ils le regardent et l’écoutent chanter …
Et puis tout d’un coup, les volontaires français ont du partir …Ce fut un départ soudain. (...)
Maintenant, je suis de retour en France je me dis qu’ici, nous devons au moins respecter les consignes qui sont censés nous sauver ; ne pas y être attentif me semble être une forme d’égoïsme.
 
 
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Thibaut, volontaire parti au Cambodge avec l'ONG "Vivre de Sa Terre " nous raconte son retour précipité en France
 
J'ai été volontaire dans la région du Nord-Ouest du Cambodge pour une ONG Cambodgienne : « Vivre de sa Terre ».
Mes missions étaient diverses et variées. Dernièrement, je m’occupais de la mise en place d’une banque de semences et de la création de plusieurs écoles en agroécologie. Mon retour en France a été précipité face à l’actuelle pandémie. Sur place, mes missions ont été adaptées et pour la plupart suspendues. Parallèlement, nous avons décidé de ne plus aller voir les agriculteurs en Province ce qui a marqué un coup d’arrêt dans l’activité de Vivre de sa Terre ; les évènements que nous organisions s’annulaient un par un. Moralement ce n’était pas facile de voir s’arrêter ce que nous avions préparé quelques semaines en amont !
Outre les déplacements qui commençaient à se limiter, la fermeture des hôtels et des restaurants, le plus choquant c’était une méfiance par rapport aux européens commençant à se faire ressentir. Mon activité se cantonnait donc à du télétravail ce qui ne correspondait plus à mon projet d’origine. Le fondateur de l’organisation m’a émis l’idée de rentrer en France si je le souhaitais en insistant du fait de la situation instable avec le manque de transparence de l’information du gouvernement et les services médiocres du système sanitaire … C’est donc dans ce contexte particulier que j’ai décidé de rentrer en France.
 
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COMMENT LES UNIVERSITES GÈRENT-ELLES CETTE CRISE SANITAIRE ?
Zoom sur notre partenaire universitaire de l'ICP 
 
 
Cécile Dubernet, professeur à l'ICP nous explique comment cette "tempête" est vécue à l'Université 
 
La tempête qui balaye notre planète bouleverse tout, y compris les universités. Amphis vidés, stages et missions interrompus, et un mot d’ordre martelé à tous: ‘Continuité pédagogique’.
A l’ICP, comme dans beaucoup d’universités, les infrastructures de l’enseignement à distance existaient, mais étaient souvent dédaignées par les enseignants. En un temps record, ils se sont lancés et ont rejoint les étudiants sur des espaces virtuels que ces derniers maîtrisent bien mieux qu’eux.
Techniquement c’est excitant, mais humainement ce passage obligé par l’écran peut être aliénant. D’abord parce que l’accès est très inégal. La fracture sociale est aussi numérique. Beaucoup d’’étudiants (et d’enseignants !) décrochent et disparaissent des radars parce qu’ils n’ont simplement pas les conditions de travail adéquates. Mais aliénant également pour les hyper-connectés. Parce qu’en période de confinement, tout passe par l’écran : le travail, la famille, les mails, les cours , les infos, les blagues, même le sport. On s’y noie, les journées perdent leur structure, leur rythme, leur sens.
 
Pour trouver un équilibre, je tente de me centrer sur l’essentiel : tout d’abord, prendre conscience que je traverse l’exceptionnel et le vivre chaque jour comme tel. Lâcher le superficiel et vivre l’expérience : le confinement, la frustration, l’inquiétude, mais aussi le silence, le sommeil, le temps et les amis retrouvés, ces espaces et libertés intérieurs insoupçonnés. Puis y réfléchir pour l’avenir. Toute crise est source de danger et d’opportunités. Le monde que je quitte allait trop vite droit dans le mur. Ce coup de frein, qui va faire très mal, est peut-être une dernière chance que la vie nous donne. Si je reconstruis autrement, si je me laisse pénétrer de solidarité, de créativité, de solidarité, capable de reconstruire en ayant appris du choc.
Pour l’université, il faut penser ‘nouveauté’ et non ‘continuité’. Dans l’urgence, on a sécurisé la transmission prof-étudiants sans remettre en cause sa verticalité. On s’inquiète de la triche lors des examens en ligne. Comment empêcher les étudiants de communiquer entre eux ? De consulter Wikipédia? On a du mal à imaginer des formes d’examens basés sur l’intelligence collective et la mise en situation, sur l’échange et le partage. Enfin, on est tenté d’utiliser les outils de surveillance et de ‘tracking’ que nos environnements numériques sophistiqués permettent pour assurer la surveillance de la présence en ligne : au risque de générer beaucoup de données, de piètre qualité. Dans quelques mois, l’urgence sera traversée, les examens terminés, l’année universitaire bouclée. Le challenge de la transformation lui restera à venir.
 
ENGAGEMENT ? VOUS DITES ENGAGEMENT ?
SOIREE AVEC ATD QUARD - MONDE 

 
 
 
Ce 5 mars dans un Paris insouciant de sa liberté, une quinzaine d’anciens volontaires, rentrés depuis 18 à 1 an, se sont réunis pour la soirée : joie de retrouvailles et nouvelles rencontres, échanges de nouvelles, chaleur de l’apéritif… avant d’aborder le thème de la soirée : l’engagement
Jean Venard, Permanent d’ATD Quart Monde, est invité, pour apporter son témoignage.
 
 
 «Ils seront des semences de paix capables de promouvoir une société plus juste et plus humaine. » Ainsi se conclut la chartre Intercordia, invitant à un engagement durable …
Les cordialistes s’expriment : pour eux, le volontariat a souvent été une étape fondatrice. Elle a permis une prise de conscience qui les a aidés à « se mettre en marche ». Des expressions fortes évoquent la communication, la présence au monde d’aujourd’hui, le désir de vivre en profondeur, la confiance, l’empathie …
Les échanges évoluent sur le sens de l’engagement au quotidien et là où nous sommes… il s’agit maintenant de s’investir dans une communication authentique, dictée par un esprit d’écoute, d’observation bienveillante, de rencontres… certains vivent leur métier comme un engagement, d’autres s’impliquent dans des mouvements ou des associations … « l’engagement ne doit pas être confondu avec le bénévolat » souligne un des participants.

Jean Venard, à son tour, évoque son engagement à ATD, ce mouvement qui se donne comme « boussole le devenir des plus pauvres ». L’engagement qu’il vit l’amène à « enraciner ses combats » pour défendre les plus pauvres.
A partir d’exemples très précis, il se livre : [pour moi], « le volontariat ATD c’est d’abord cela : se forger, sur les personnes qui vivent dans la grande pauvreté, un regard intelligent, aimant et libre. Libre de préjugés, libre de ce que nous dictent nos formations [….] libre de nos inclinaisons de gens nantis ».
Il évoque son expérience de façon très simple, très concrète. Il s’appuie sur des exemples vécus pour parler de la précarité, de la pauvreté, de l’exclusion. Il insiste sur l’importance des relations justes, et le respect de la personne.
La soirée se conclut sur sa belle incitation : « Le volontariat n’est pas un travail mais un choix de vie » ; et ainsi nous serons, comme le dit si bien la Chartre , « des semences de paix ». 
 
COUP DE COEUR LECTURE : 
L'ART DE DENOUER LES CONFLITS 

 
" Sept graines de lumières dans le coeur des guerriers" de Pierre Pelissier
 
Vous avez un tempérament fougueux, prompt à la colère et vous aimez les contes, alors ouvrez le livre de Pierre Pélissier « Sept graines de lumière dans le cœur des guerriers ».
Il s’agit de l’histoire d’un Roi bleu et d’un Roi rouge, chacun vivant dans son royaume séparé l’un de l’autre par un fleuve…Jusqu’au jour où un tremblement de terre vient dévier son cours. Vous imaginez les conflits et même les guerres qui s’enchainent entre les 2 royaumes. A qui désormais appartient le fleuve indispensable à la survie des habitants, qui ne cesse de changer de lit ?
Pierre Pélissier nous amène à suivre avec pédagogie, humour et poésie le parcours initiatique d’Om, le fils du Roi bleu vers la résolution de conflits. Il nous familiarise progressivement avec les outils de la communication non violente, avec ses exigences et aussi ses surprises positives.

Un conte agréable et facile à lire pour mieux vivre la relation à l’autre, quel que soit le contexte.
ON CONTINUE DE RECRUTER DES VOLONTAIRES !!
 
Déposez votre candidature avant fin juin 2020. 
Vous trouverez les documents à remplir ci- dessous et à remettre à l'adresse : contact@intercordia 
 
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INTERCORDIA 
12 rue d'Assas 
75006 Paris 
contact@intercordia.org
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