Association des Amis de Pontigny-Cerisy
- Reconnue d'utilité publique -
 
Lettre d'information / mars 2020
 
 
ÉDITORIAL
 
Equipe du CCIC - Mars 2020
 
Arnaud CHAUVEL, Dominique PEYROU, Jean-Christophe TOURNIÈRE, Patricia DOYÈRE,
Chantal GOSSELIN, Ghislaine PAYSANT, Michaël MOREL, Pascal AUGRAIN, Pascal HÉDOUIN,
Léa LUCAS, Philippe KISTER, Edith HEURGON [Cerisy, 5 mars 2020] © Alexiane LE GENTIL
 
 
Chères amies, chers amis de Cerisy,
 
Chacun de nous en fait aujourd'hui l'expérience : l'épidémie du Covid-19 nous rappelle notre vulnérabilité, ce qui nous est essentiel et la force des liens qui nous unissent. C'est bien sûr à vous tous que nous pensons d'abord, en espérant que vous pourrez sans trop de peine surmonter ces épreuves et que l'espérance que nous souhaitons vous transmettre par cette lettre et la proposition qu'elle comporte, vous y aidera, fût-ce modestement.
 
Ceux qui nous sont essentiels, c'est aussi cette belle équipe de Cerisy que vous voyez photographiée devant la ferme — avec, d'un côté, Philippe Kister qui prend sa retraite en fin d'année et, de l'autre, Arnaud Chauvel, qui va nous rejoindre comme "régisseur" —, qui est impatiente de vous retrouver dès le 2 juin prochain. Peu de temps avant les mesures de confinement, nous nous sommes retrouvés à Cerisy pour donner le coup d'envoi de la saison en vous adressant les programmes et en ouvrant les inscriptions. Par ailleurs, nous avons adopté les dispositions permettant de prendre soin de nos collaborateurs en aménageant l'organisation du travail de chacun et de chacune. Nous avons également examiné les possibilités mises en oeuvre par le gouvernement afin de soutenir l'activité du Centre culturel.
 
Notre détermination est ferme : dès que les contraintes liées à la crise sanitaire le permettront, nous assurerons l'accueil des colloques prévus. Pour les mois de juin et de juillet sur lesquels pèsent quelques incertitudes, nous avons proposé aux personnes souhaitant s'inscrire de le faire dès que possible, toutefois sans verser d'arrhes avant que leurs séjours soient confirmés. Au cas où certaines des rencontres seraient annulées, nous étudions d'ores et déjà avec les directeurs la possibilité d'opérer certains reports à l'automne.
 
De plus, les circonstances appellent, pour faire vivre l'aventure culturelle et familiale, une capacité d'adaptation, d'imagination et d'agilité. Nous le ferons selon une formule présente à Pontigny et à Cerisy, interrompue dans les années 1970. Déjà suggérée par plusieurs d'entre vous, elle nous semble adaptée à la situation : il s'agit de lancer, dès la mi-juin, un Foyer de création et d'échanges à l'intention d'artistes, d'écrivains et de chercheurs désirant conduire un travail personnel dans un cadre de réflexion collective. Cette démarche expérimentale, nous souhaitons la consolider avec vous pour les années suivantes. Léa Lucas, chargée de projets culturels à Cerisy, a mis au point un projet qui a suscité un large assentiment du Conseil d'administration. Elle vous le présente dans cette lettre, sachant qu'une rubrique est parallèlement ouverte sur notre site internet. La perspective d'une sortie progressive du confinement, dont nous espérons la concordance avec l'ouverture de notre saison, peut susciter chez certains d'entre vous l'aspiration "de trouver refuge dans un lieu relevant à la fois de la thébaïde et de l'agora pour y créer, discuter, échanger, produire" (formule de Françoise Moulin-Civil). Cela évoque d'une certaine façon ces "tiers-lieux" qui, aujourd'hui, fleurissent dans la cité où peuvent alterner activité individuelle créatrice et temps de construction collective.
 
Ce projet peut illustrer modestement certaines analyses sur la crise sanitaire qui doit nous conduire à habiter autrement le monde de Corine Pelluchon (1) parues récemment dans divers journaux (Le Monde, Ouest France, Les Inrocks). Voici ci-dessous quelques extraits de la tribune publiée dans Le Monde du 23 mars. Ils peuvent nourrir les réflexions collectives que nous vous proposons de mener dans le cadre du Foyer pour construire, comme le suggère Harmut Rosa (2), de nouvelles relations au monde en développant des processus de "résonance".
 
Espérant que ce projet retiendra toute votre attention et que vous voudrez bien nous aider à le faire connaître aux personnes de votre entourage qui peuvent être intéressées, mais aussi à celles et à ceux qui peuvent apporter leur soutien à notre Association, reconnue d’utilité publique et habilitée à recevoir des dons, afin de développer ensemble cette nouvelle aventure. Vous souhaitant de traverser la période actuelle le plus sereinement possible, nous vous adressons nos salutations bien amicales.
 
Edith HEURGON & Dominique PEYROU, Co-directeurs du CCIC
 
(1) Nous avons fait la connaissance de Corine Pelluchon, philosophe, au colloque Quelles transitions écologiques ? (2015) et nous avons mis en ligne sur La forge numérique de l'université de Caen sa conférence [écouter]. Alors qu'elle venait de publier Nourritures (Seuil), elle a accepté de rédiger la préface des actes du colloque Nourritures jardinières dans les sociétés urbanisées (Hermann, 2016). Depuis 2017, elle est membre du Conseil d'administration de Cerisy et, en juin 2019, a co-dirigé à Cerisy le colloque Humains, animaux, nature : quelle éthique des vertus pour le monde qui vient ? (voir lettre de juillet 2019).
(2) Résonance (2018), Rendre le monde indisponible (2020), La Découverte. Hartmut Rosa est attendu à Cerisy pour le colloque sur Les autres noms du temps.
 
 
TRIBUNE DE CORINE PELLUCHON — EXTRAITS
 
Corine PELLUCHON & Dominique BOURG
 
Corine PELLUCHON & Dominique BOURG [Cerisy, 2019]
 
 
"L'épidémie doit nous conduire à habiter autrement le monde"
 
Le Monde, le 23 mars 2020, propos de Corine Pelluchon recueillis par Claire Legros
 
L'épidémie du Covid-19 peut nous enseigner beaucoup sur nous-mêmes et sur notre civilisation. Elle nous rappelle, en premier lieu, la profonde vulnérabilité humaine dans un monde qui a tout fait pour l'oublier. Nos modes de vie et tout notre système économique sont fondés sur une forme de démesure, de toute puissance, consécutive à l'oubli de notre corporéité (...) Seule l’expérience de nos limites, de notre vulnérabilité et de notre interdépendance, peut nous conduire à nous sentir concernés par ce qui arrive à autrui et responsables du monde dans lequel nous vivons. (...) Il est devenu impératif de modifier les modes de production, de consommation et d'échanges, bref d'opérer la transition vers un autre modèle de développement économique et de réorganiser la société. Chacun est-il prêt à se réformer pour faire sa part dans cette oeuvre commune qui n'est pas forcément un fardeau, mais peut-être un projet stimulant ?
(...) Cette crise nous oblige à mûrir. Il importe de combler l'écart entre la conscience et l'action, et de réduire le décalage entre ce que nous faisons et ce que nous savons. La clé est de travailler sur le lien entre nos représentations (notre manière de nous penser et de penser notre rapport au vivant), nos évaluations (liées aux biens que nous chérissons), nos émotions et nos comportements. Il s'agit de repenser notre manière d'habiter la Terre – et de cohabiter avec les autres vivants, notamment les animaux — en revenant à plus de tempérance et de bon sens. Oui, notre modèle de développement génère des risques sanitaires colossaux et des contre-productivités sociales, environnementales, psychiques. Non, le soin, la protection des plus fragiles, l'éducation, l'agriculture, l'élevage ne peuvent pas être subordonnés au diktat du rendement maximal. Il importe d’organiser le travail en fonction du sens des activités et de la valeur des êtres impliqués. Cette pandémie peut être l'occasion de réfléchir à une transition progressive, adaptée, qui n'est pas seulement liée à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, mais représente un vrai projet de civilisation.
(...) Le vrai défi, aujourd'hui, c'est de faire de cette crise l'occasion d'une transformation individuelle et collective, afin que la conscience de notre vulnérabilité, de notre appartenance à un monde plus vaste que soi, de notre lien au vivant, devienne un savoir incarné et vécu qui transforme notre comportement. Pour contrer la tentation de la démesure, de la toute puissance — ce que les Anciens appelaient l'hubris — c'est à nous de prendre le temps individuellement et collectivement de réfléchir à la société dans laquelle nous voulons vivre.
(...)
 
 
À CERISY, UN FOYER DE CRÉATION ET D'ÉCHANGES (17 JUIN - 27 AOÛT 2020)
 
Les rencontres de Pontigny en 1911
 
Les rencontres de Pontigny en 1911
 
 
Une formule unique
offrant aux écrivains, artistes et chercheurs qui œuvrent à un projet personnel,
de prendre le temps de "penser avec ensemble".
 
Le foyer, héritage de Pontigny-Cerisy
 
Si Pontigny s'est illustrée par ses décades littéraires, philosophiques et socio-politiques, l'abbaye bourguignonne offrait aussi à "ceux, Provinciaux ou Parisiens, chez qui les besoins d'esprit sont des besoins ; à ceux, Parisiens ou Provinciaux, qui ne s'accommodent ni de la solitude absolue, sans renouvellement, ni des frottements usants de la vie urbaine" (Entretiens d'été de l'Abbaye de Pontigny, août-septembre 1910, Paul Desjardins) un foyer où se retirer pour penser.
 
Là, les écrivains venaient travailler, "chacun en sa chacunière", tout en ayant la possibilité d'échanger lors des repas, des promenades sous la charmille ou encore des soirées. Paul Desjardins l'écrivait, "il faut du temps, un peu de temps, un temps que le métier n'accorde pas, un temps qu'on n'a pas dans les villes. Il faut une allée de jardin où l'on marche de compagnie, dans le silence qui clôt une journée riche en compréhension".
 
Dans la seconde moitié du XXe siècle, Cerisy, à son tour, a accueilli des écrivains, artistes et chercheurs venus, parfois accompagnés de leurs familles, profiter du calme du château normand. C'est ainsi, par exemple, qu'Eugène Ionesco a écrit Amédée ou comment s'en débarrasser et Jacques ou la soumission. Cerisy a aussi inspiré l'écrivain et essayiste Albert Memmi, les sociologues Michel Crozier et Alain Touraine ou encore le musicien André Boucourechliev.
 
Aujourd'hui, l'association des Amis de Pontigny-Cerisy souhaite, en réponse à une demande formulée par plusieurs de ses membres et à une période de forte incertitude, renouer avec cet héritage.
 
Soirée théâtrale d’Auguste Dorchain [Cerisy, 1961]
 
Michel CROZIER et sa femme, X, Emmanuel ORTEGA, Dominique ARBAN,
Marie-France IONESCO, Maurice de GANDILLAC, Eugène IONESCO (le chœur)
"Le Puits", soirée théâtrale d’Auguste Dorchain [Cerisy, 1961]
 
 
Les bienfaits d'un temps d'échange collectif sur les projets individuels
 
La journée est libre, pour permettre à chacun de se consacrer pleinement à son projet personnel. À ce dernier, Cerisy propose d'apporter ce qui fait sa force et son exception grâce au génie du lieu et à l'accueil qui y est consenti : l'intelligence collective. Ainsi, chaque semaine peut faire l'objet d'une thématique littéraire ou artistique, ou encore d'une réflexion philosophique ou prospective, déclinée sous la forme d'un temps de partage quotidien à définir ensemble, qui reste toutefois facultatif.
 
Que l'on se retrouve pour un atelier d'écriture au grenier, un moment de lecture dans la bibliothèque, une discussion au salon ou encore une expérience artistique dans le parc, à chacun de contribuer, mais aussi de recevoir, ce qui peut l'aider à progresser dans son projet. L'on pourrait aussi imaginer un temps de partage, de lecture ou de présentation des travaux en cours lors de soirées communes. Le week-end, est proposée une visite (maison d'artiste, lieu historique, exposition), une balade littéraire dans la nature ou bien une rencontre dans la région, toujours en lien si possible avec la thématique choisie.
 
Un temps hebdomadaire est enfin consacré à une discussion autour des diverses expériences d'écriture et de création vécues à Cerisy afin de réfléchir ensemble à la meilleure formule à proposer à l'avenir, dans le but de soutenir la création littéraire et artistique mais aussi la recherche scientifique, par la co-construction d'un foyer de création et d'échanges aux conditions d'accueil satisfaisantes.
 
Les activités proposées ci-dessus n'obligent personne. Le seul horaire à respecter reste celui des repas, pris en commun, que les nécessités du service forcent à maintenir uniforme.
 
Château de Cerisy
 
Cerisy, un espace-lieu d'exception et des moyens pour stimuler l'invention
 
Les repas, soirées et promenades diverses offrent la possibilité d'échanger avec les écrivains, artistes et chercheurs présents, mais aussi de rencontrer les participants des colloques qui, éventuellement, se tiennent en parallèle.
 
Libre à chacun de proposer à d'autres des moments conviviaux en dehors des activités proposées par l'équipe de Cerisy, qui se fait un plaisir d'accompagner au mieux les initiatives individuelles et collectives (partager un temps de lecture dans l'Orangerie, monter une soirée théâtre au grenier ou une exposition commune dans l'étable, organiser un tournoi de ping-pong ou une soirée dansante dans les caves, débattre autour d'un film dans la salle de la Laiterie...).
 
Les personnes accueillies peuvent profiter de tous les espaces du château ainsi que de l'ensemble du parc. Elles ont notamment accès à la bibliothèque, qui compte près de 25 000 ouvrages, et aux plus de 600 actes de colloques de Cerisy. Treize colloques, aux thématiques et problématiques diverses, ont lieu à Cerisy entre le 17 juin et le 27 août 2020 : les écrivains, artistes et chercheurs ont la possibilité d'assister aux séances qui les intéressent. Un accès wifi est proposé dans le bâtiment de la ferme, où un ordinateur fixe est par ailleurs mis à disposition.
 
Outre le château et son parc, les environs de Cerisy sont propices au ressourcement et à l'enrichissement personnel et social : la mer est à une vingtaine de kilomètres, tandis que de nombreux chemins de randonnée sillonnent le territoire. De plus, le patrimoine culturel et historique du département de la Manche est d'une grande richesse.
 
Pour connaître les informations pratiques relatives au foyer de création et d'échanges, nous vous invitons à consulter notre site Internet : cerisy-colloques.fr/foyer-cerisy/. N'hésitez pas par ailleurs à nous contacter pour toute demande d'informations supplémentaires.
 
Pour mener à bien ce projet, votre soutien nous est essentiel. Nous vous remercions chaleureusement de bien vouloir diffuser l'information dans vos réseaux personnels, auprès des personnes qui pourraient être intéressées.
 
Par ailleurs, l'AAPC étant habilitée à recevoir dons et legs, nous vous remercions également d'avance de tout soutien financier qui pourrait nous permettre de prendre en charge le séjour de personnes aux ressources modestes et notamment des plus jeunes.
 
Léa LUCAS, Chargée de projets culturels du CCIC
 
 
DISPARITION DE CÉCILE SIMON, ANCIENNE CUISINIÈRE DU CHÂTEAU
 
Cécile SIMON et Madeleine TRAVERT — Cerisy, 2014
 
Cécile SIMON et Madeleine TRAVERT [Cerisy, 2014]
 
 
"Notre Cécile" a quitté le château...
 
Cécile Simon nous a quittés le 19 mars 2020. Il s'agit d'une personnalité éminente dans l'histoire de Cerisy, qui s'en va aussi discrètement qu'elle a vécu.
 
Elle a pris ses fonctions au château en 1958, deux ans après sa soeur Madeleine, d'abord comme femme de chambre, puis très vite comme cuisinière, métier qu'elle a exercé avec un talent acquis dans l'expérience jusqu'en 1993. Lors de la cérémonie amicale qui s'est tenue à l'occasion de son départ à la retraite, c'est le grand sociologue Alain Touraine, ami de longue date, qui lui a rendu hommage lors du colloque consacré à son oeuvre sous le titre Le retour du sujet.
 
Cécile ne nous a jamais quittés : avant de prendre sa retraite, elle a veillé à trouver et à former les deux cuisinières qui ont pris sa relève et qui, depuis 27 ans, honorent par la qualité de leur cuisine les hôtes du Centre culturel. Elle ne nous a jamais quittés car, chaque année, elle venait déjeuner avec Madeleine au château pour rencontrer les texticiens, mais aussi chaque début mars pour aider l'équipe à l'envoi des programmes de la saison. Et cette année, le jeudi 5 mars, elle était heureuse d'être avec nous...
 
Personnel du CCIC - Juillet-Août 1974
 
Sylvie FLOC'H (née TRAVERT), Madeleine TRAVERT, Chantal MOREL (née SIMON),
Cécile SIMON, Suzanne GIRRES, Émile GOSSET,
Georgette GOSSET (née LETAN), Gilbert HOUSSET [Cerisy, juillet-août 1974]
 
 
Pour Anne Heurgon-Desjardins, "ma Cécile" était son principal soutien, sa confidente, son amie, notamment lors des hivers (1970-1972) où, alors que l'immeuble de la rue de Boulainvilliers se construisait, elle a résidé seule à l'Orangerie. C'est avec Cécile, et Madeleine, que Catherine Peyrou, prenant la relève de notre mère, a défini et mis au point l'organisation des équipes du personnel (de cuisine et de service) dont le professionnalisme, voire le niveau d'exigence, perdure aujourd'hui sous la houlette de Ghislaine, Patricia et Chantal.
 
Pour moi, c'était d'abord une belle personne, attentive, dévouée, discrète. C'est seulement en 1977, après la disparition d'Anne Heurgon-Desjardins, qu'elle m'a avoué être née aussi un 26 juillet. Elle nous l'avait caché par délicatesse. Depuis cette date, il n'y a pas une année où j'ai omis de lui souhaiter son anniversaire.
 
Pour les enfants et petits-enfants de Catherine et Jacques, voici le témoignage d'Anne Peyrou : "Pour ma génération, Cécile c'était notre maman de Cerisy, celle qu'on adorait car ses yeux malicieux et sa grosse voix nous réchauffaient, celle qui nous grondait avec tant d'amour, celle qui courait après les frères dans la salle à manger quand ils avaient pris de la mousse au chocolat, celle qui m'a permis de me faire une amie à Cerisy, en Chantal. Pour nos enfants, c'est mamie Cécile ! bienveillante et accueillante avec tous".
 
Pour les amis de Cerisy, qui ont fréquenté le premier Cerisy, vous pourrez lire ci-dessous le témoignage de Marie-France Ionesco qui a connu Cécile dès sa prise de fonction au Château à la fin des années cinquante.
 
Reconnaissance de la famille Heurgon-Peyrou-Bas, de Philippe Kister et de toute l'équipe du Centre culturel. Reconnaissance des Amis de Pontigny-Cerisy. Reconnaissance du Château enfin !
 
Edith HEURGON, au nom de toutes et tous
 
Marie-France IONESCO, Cécile SIMON, Madeleine TRAVERT [Cerisy, août 2018]
 
Marie-France IONESCO, Cécile SIMON, Madeleine TRAVERT [Cerisy, août 2018]
 
 
Cécile
 
Début des années 1950. Menue, rapide, douée d'une autorité "discrète", elle s'affaire et règne sur la cuisine – la cuisine d'alors, c'est à dire l'actuelle salle à manger du château. Elle s'appelle Maria, elle est à l'évidence une "parente" de la Félicité d'Un cœur simple.
 
Maria, déjà âgée, prend sa retraite. Une nouvelle venue lui succède. Puis une autre.
 
Mais en 1958, arrive Cécile Simon. Notre Cécile. Qui rejoint alors sa sœur la discrète Madeleine. Et bien des années plus tard, son unique petit-fils, Michaël, a apporté, entre autre, ses connaissances en informatique au sein de l'équipe de Cerisy.
 
C'est donc Cécile à présent qui règne sur la cuisine, en laissant à Anne Heurgon, puis à Catherine et à Edith le soin du reste...
 
Cécile, à l'irrésistible accent normand qui lui donne une apparence débonnaire, a le cœur grand, certes, mais aussi une autorité incontestable. Autorité déguisée, diplomate, d'autant plus affirmée derrière son sourire et ses yeux rieurs.
 
Elle dirige un "escadron volant" qui s'occupe de nos chambres, de nos besoins, de nous.
 
Mais surtout sous la baguette de Cécile, cette équipe nous concocte des "délices". Les délices de table de Cerisy sont une alternance de plats traditionnels (le pot au feu, le gigot du dimanche) et de desserts succulents : le gâteau de marron, l'omelette norvégienne. Cette omelette norvégienne, généralement servie le dernier soir de la décade, a donné lieu à un rituel. Toutes lumières éteintes, la salle à manger applaudit à tout rompre en scandant "Cécile ! Cécile !". Cécile consent alors à venir nous saluer accompagnée d'une ou deux de ses assistantes.
 
Oui, Cécile a pris soin de nous. Elle a su nous gâter, nous chouchouter, d'où le nombre de ses admirateurs fidèles, dont les texticiens dans les années 80.
 
Dans nos souvenirs cerisyens, en bonne place à côté des discours savants de la journée, demeurent toutes ces douceurs de bouche. Merci Cécile, un grand merci bien chère Cécile.
 
Marie-France IONESCO
 
 
LA FORGE NUMÉRIQUE
 
En cette période de confinement, nous vous proposons d’écouter (ou réécouter) certaines conférences prononcées à Cerisy et qui font écho à la situation de crise actuelle ou à quelques colloques prévus en 2020.
 
Celles-ci sont en ligne sur La Forge numérique, "Espace numérique des productions multimédia", de la MRSH de l'Université de Caen Normandie.
 
Vous pouvez accéder à l'ensemble des enregistrements disponibles en ligne, sur l'espace dédié aux colloques de Cerisy, sur La forge numérique en cliquant ici.
 
CONFÉRENCES EN LIEN AVEC LA CRISE ...
 
 
Corine PELLUCHON : Écologie et existence. Philosophie du corps politique [écouter]
Quelles transitions écologiques ? [2015]
 
Serge AUDIER : Le défi écologique : une question soluble démocratiquement ? [écouter]
La pensée indisciplinée de la démocratie écologique [2019]
 
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Sarah VANUXEM : Des petites républiques ordonnées autour de Communs. Du Haut Atlas au Massif Central [écouter]
Vers une république des biens communs ? [2016]
 
Ferhat TAYLAN : "Milieux communs". La stratégie d’inséparabilité des collectifs humains et des milieux naturels – le cas de la rivière Whanganui [écouter]
L'alternative du commun [2017]
 
Jean-Marc FERRY : Face à l'injustice du cœur comme à celle des lois, quelle éthique de responsabilité ? [écouter]
Ce que la misère nous donne à repenser (avec Joseph Wresinski) [2017]
 
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Yves CLOT : Responsabilisation, autonomie, participation [écouter]
Le travail en mouvement. Organisations, frontières, reconnaissances [2018]
 
François EWALD : Responsabilité, entreprise, civilisation [écouter]
Entreprise, responsabilité et civilisation : un nouveau cycle est-il possible ? [2019]
 
Antoine HENNION : Débattre des mondes que nous voulons : les migrations comme proposition politique [écouter]
Brassages planétaires [2018]
 
 
CONFÉRENCES EN LIEN AVEC CERTAINS COLLOQUES 2020 ...
 
 
Art / Argent : l'économie à l'œuvre [en savoir plus]
 
Denise FLOUZAT-OSMONT d'AMILLY : Six ans après. Des interrogations sur le déclenchement de la crise et sa généralisation [écouter]
Peut-on apprivoiser l'argent aujourd'hui ? [2013]
 
Anne BÉNICHOU : Disputer son rôle dans l'histoire : le reenactment dans les pratiques et les institutions de l'art contemporain [écouter]
Reenactment / Reconstitution : refaire ou déjouer l'Histoire ? [2018]
 
 
Circulations des cartes postales dans la littérature et les arts [en savoir plus]
  
Thierry POYET : Le Paris-Guide de 1867 : politiques d'écrivains [écouter]
La France en livres illustrés [2016]

David MARTENS : "Villes Mondes" (France Culture). Portraits urbains polyphoniques et radiophonie littéraire [écouter]
Portraits de pays [2019]
 
 
De quoi l'Art brut est-il le nom ? [en savoir plus]
 
Anne de STAËL : Un trait de crayon maintenu hors du pinceau (entretien avec Thomas AUGAIS) [écouter]
Tal Coat, regards sans frontière [2017]
 
Colette GUEDJ : L'espace tragique du vide dans la poésie de Paul Celan et les toiles d'Anselm Kiefer [écouter]
Littératures et arts du vide [2018]
 
 
L'Europe du cinéma [en savoir plus]
 
Laurent LE FORESTIER : Archéologie du découpage : de la pensée technique à la réflexion théorique [écouter]
Le découpage au cinéma [2013]
 
Agathe SALHA : Le secret de Watteau : de l'énigme picturale à l'énigme biographique dans quelques Vies modernes et contemporaines [écouter]
L'image, le secret [2016]
 
 
Francisco Varela, une pensée actuelle [en savoir plus]
 
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Figures de l'autotranscendance : pour une société de l'Ouroboros [2014]
 
Cédric VILLANI : Probabilités, sens et évolution [écouter]
Sciences de la vie, sciences de l'information [2016]
 
 
Morphogenèse : donner lieu au patrimoine originaire
avec Arno Stern et Pascal Quignard [en savoir plus]
 
Jean-Claude AMEISEN & Pascal QUIGNARD : Feuilles qui tombent [écouter]
Pascal Quignard : translations et métamorphoses [2015]
 
 
Le yiddish, l'inconscient, les langues [en savoir plus]
 
Rocco RONCHI : Causa sui. Causalité métaphysique et causalité psychique [écouter]
Les psychanalystes lisent Spinoza [2016]
 
Dimitri WEYL : L'analyse filmique : une histoire de rencontre entre le regard analytique et l'art cinématographique [écouter]
Psychanalyse et cinéma [2017]
 
 
Mandiargues : écrire entre les arts [en savoir plus]
 
Hans T. SIEPE : "C'est l'attente qui est magnifique" - L'actualité permanente d'A. Breton [écouter]
L'or du temps. Breton, 50 ans après [2016]
 
Daniel BOUGNOUX : "Dans les ruines du temps démantelé" (Aragon) [écouter]
Aragon vivant [2018]
 
 
Que fait la couleur à la photographie ? [en savoir plus]
 
Nathalie HEINICH : Les écrivains en proie à la visibilité [écouter]
L'écrivain vu par la photographie [2014]
 
 
Penser les sociétés et les pouvoirs avec Max Weber [en savoir plus]
 
Florent PERRIER : L'héroïsme du petit ou penser l'utopie après Auschwitz avec Miguel Abensour [écouter]
Théories critiques des crises contemporaines [2018]
 
 
Le théâtre des genres dans l'œuvre de Mohammed Dib [en savoir plus]
 
Jean-Marie KOUAKOU : Ombre de récit... corps de récit. Le récit aux deux visages [écouter]
Hybridations et tensions narratives au Maghreb et en Afrique subsaharienne [2015]

Catherine BRUN : Toucher l'ancien présent et le futur déjà là [écouter]
Algérie, traversées [2017]
 
 
Les autres noms du temps [en savoir plus]
 
François JULLIEN : Logique d'itinéraire ou comment entrer dans un chantier [écouter]
Des possibles de la pensée : l'itinéraire philosophique de François Jullien [2013]
 
 
Angles morts du numérique. Limites de la programmation [en savoir plus]
 
Cynthia FLEURY : Des paradoxes de l'innovation : l'innovation au service du non changement et de l'extinction de l'expérience [écouter]
Imaginaire, industrie, innovation [2015]
 
Anthony MASURE & Pia PANDELAKIS : Archéologie des "notifications" numériques [écouter]
Archéologie des media, écologies de l'attention [2016]
 
Lionel MAUREL : Faire atterrir les Communs numériques. Des utopies métaphysiques aux nouveaux territoires de l'hétérotopie [écouter]
Territoires solidaires en commun : controverses à l'horizon du translocalisme [2019]
 
 
COLLOQUES 2020
 
S'agissant des inscriptions aux colloques 2020, elles sont ouvertes depuis le 15 mars.
Pour chaque colloque, vous pouvez retrouver, au fur et à mesure de la mise en ligne sur notre site internet des informations qui nous sont transmises par les directeurs, une présentation détaillée (argument, calendrier provisoire, bibliographie, résumé et présentation des intervenants). Vous pouvez également y retrouver, pour la plupart d'entre eux, un flyer de présentation (téléchargeable au format PDF).
 
Vous pouvez dès maintenant télécharger le programme 2020 abrégé (au format PDF) en cliquant sur l'image que voici.
 
Rappel : L'Association des Amis de Pontigny-Cerisy, reconnue d'utilité publique, est un organisme déclaré au titre de la formation professionnelle, enregistré sous le numéro : 25 50 00326 60.
 
AGENDA
 
 
Jeudi 23 avril (18h-21h)
 
 Assemblée Générale
de l'Association des Amis de Pontigny-Cerisy
 
Reportée à une date communiquée dès que possible
 
École des Mines
Amphi V107
60 Bld Saint Michel, 75006 PARIS
 
 
Vendredi 15 mai (17h-19h30)
 
Présentation des colloques 2020 et de la réédition de l'ouvrage
CERISY. Un château, une aventure culturelle
 
Reportée à une date communiquée dès que possible
 
Archives départementales de la Manche
Maison de l'Histoire de la Manche
103 rue Maréchal Juin
50000 SAINT-LÔ
 
 
PUBLICATION RÉCENTE
 
Subjectivités numériques et posthumain
Subjectivités numériques et posthumain
 
Direction: Sylvie Bauer, Claire Larsonneur, Hélène Machinal, Arnaud Regnauld
Éditeur: Presses universitaires de Rennes
Collection: "Interférences"
ISBN: 978-2-7535-7924-8
 
Dans le sillage de PostHumains, frontières, évolutions, hybridités, ce nouveau livre issu d'un colloque de Cerisy poursuit la réflexion sur les rapports entre le sujet humain et la machine mais sous un angle profondément remanié par le développement du numérique, des neurosciences et des biotechnologies.
Comment penser l'humain quand toutes sortes d'objets connectés, du téléphone à la montre, se donnent comme des prothèses, voire des doubles de nous-mêmes (augmented seflf) ?
De quelle autonomie dispose un sujet quand toutes nos traces numériques - tant celles que nous avons laissées volontairement que celles qui ont été collectées à notre insu - sont inventoriées et archivées quasi automatiquement (quantified self) ?
 
En savoir plus
 
PUBLICATIONS À VENIR
 
Hybridations et tensions narratives au Maghreb et en Afique Subsaharinne
Hybridations et tensions narratives au Maghreb et en Afrique Subsaharienne
Lectures croisés II
 
Direction: Anne Begenat-Neuschäfer (†), Daniel Delas, Khalid Zekri
Éditeur: Éditions Peter Lang
Collection: "Sprachen - Literaturen - Kulturen"
ISBN: 979-3-631-78975-9
 
Les littératures du Maghreb et d'Afrique subsaharienne constituent un espace symbolique où se déploie le processus d'hybridation et de traduction culturelle. Ce qui se constate dans ces littératures d'Afrique de langue française et portugaise, c'est un travail de disponibilité que l'écrivain opère à l'intérieur de son univers fictionnel en accueillant de nouvelles possibilités d'existence. En résultent d'intéressantes tensions narratives, variant d'un contexte à l'autre, et qui sont analysées dans ce volume qui réunit les travaux présentés lors du colloque "Hybridations et tensions narratives au Maghreb et en Afrique subsaharienne" à Cerisy-la-Salle.
 
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Psychanalyse et culture. L'œuvre de Nathalie Zaltzman
Psychanalyse et culture
L'œuvre de Nathalie Zaltzman
 
Direction: Jean-François Chiantaretto, Georges Gaillard
Éditeur: Éditions d'Ithaque
Collection: "Hors collection"
ISBN: 979-2-490350-14-8
 
Avec les catastrophes génocidaires et leur projet de négation de l'appartenance humaine, dont la Shoah constitue la figure paradigmatique, le XXe siècle aura marqué une rupture au cœur même de l'idée de culture. C'est en se confrontant à cette violence que Nathalie Zaltman initie, à partir de sa pratique clinique, un véritable renouvellement de la psychanalyse.
Revenant sur la théorie freudienne des pulsions de mort pour l'enrichir du concept de "pulsion anarchiste" (1979), elle dessine une approche novatrice de la négativité, au-delà de l'autodestructivité narcissique de type mélancolique ou de la haine narcissique de la culture suscitée par l'exigence collective de sacrifices pulsionnels. Dans cette perspective, la culture apparaît irrémédiablement traversée par une lutte entre la transformation (partielle) de la destructivité et la régression destructrice qui fait fondre dans la notion de "masse" l'individuel et le collectif.
En revisitant le travail de la cure, les processus de la culture, les figures de l’exclusion et du mal, les différentes contributions réunies dans ce volume témoignent de l'importance et de l'actualité de son œuvre, internationalement reconnue.
 
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