printemps marseillais premier secteur
 
Au fil du [prin]temps n°8
La lettre d'information du Printemps Marseillais du 1er secteur
 
L'édito de Sophie Camard
 
Cher rorqual,
 
En plein confinement, tu as fait un sacré buzz sur les réseaux sociaux grâce à la video d'une patrouille des Affaires Maritimes dans le Parc National des Calanques. Certains, comme moi, ont surtout été jaloux des agents et pensé à une reconversion professionnelle de gardienne de baleine à la sortie du chômage partiel. Beaucoup d'autres ont tout simplement découvert ton existence et exprimé leur surprise de ta présence si proche de notre côte urbanisée.
 
J'avais eu la chance de croiser ta route, une fois. Le bateau sur lequel je me trouvais fonçait vers l'Ouest en direction du Planier. Toi, tu fonçais vers le Sud, en direction du sanctuaire Pelagos. C'était saisissant de te voir surgir à bâbord, pendant qu'à tribord, la ville était noyée dans un brouillard jaune de pollution. J'avais l'impression que tu envoyais un message : celui d'un grand mammifère sauvage qui défiait la civilisation humaine... ou qui l'alertait. D'ailleurs, pendant que nous coupions le moteur pour t'admirer, un kéké est arrivé plein gaz sur toi avec son scooter des mers. Tu as immédiatement replongé dans les profondeurs et on ne t'a plus revu.
 
En réalité, nous avons collectivement réalisé pendant le confinement ce que les observateurs patients de la nature savent déjà : les animaux sont en danger mais ils n'ont pas complètement disparu. Ils se cachent. Ils se protègent. Outre la chasse et la pêche qui menacent directement leur vie, il y a aussi le bruit, les vibrations, les substances toxiques... Vous imaginez ? « Tous aux abris ! » Pendant que la moitié de l'humanité était confinée, les sismologues du monde entier ont enregistré une baisse spectaculaire des vibrations de la Terre qui a influencé le mouvement de notre planète.
 
Existe-t-il meilleure démonstration de l'influence humaine sur la terre et la biosphère ? Et sans aller jusqu'aux études des sismologues, souvenons-nous des jolies cartes vertes de la pollution de l'air... en l'absence de voitures.
 
Vous me voyez venir ? Tous à vélo !
 
Mais non... Rassurez-vous, avec notre chère droite locale, il n'y aucun risque de passer d'un seul coup de 1% à 100% des déplacements à vélo. La Métropole a évoqué les intempéries pour expliquer les retards de travaux sur les pauvres 9 km de pistes cyclables en plus qu'elle avait promis, contre 50 km à Paris, ou 77 km à Lyon. Il s'agissait d'éviter en France un rebond spectaculaire du recours à la voiture par crainte des transports en commun propices à la circulation du virus. Mais à Marseille, on a la pluie. Point commun inattendu entre le logement indigne et l'omniprésence de la bagnole, « c'est la faute à la pluie » est devenue une ritournelle bien connue de l'inaction publique.
 
Et c'est vrai qu'en ce premier jour de déconfinement, lundi 11 mai, il pleuvait. Il y avait des bagnoles et on ouvrait les centres commerciaux avant les plages et les Calanques... Difficile de penser l'écologie et le « monde d'après » sans le rapport au travail, aux urgences sociales, à la société de consommation, mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas le faire.
 
Ainsi, cher rorqual, j'aimerais bien te revoir de près. Je préfère qu'on se rapproche plutôt qu'on s'ignore. Je ne voudrais donc pas punir l'humanité, ni la cloîtrer jusqu'en l'an 3000, mais plutôt changer notre manière de produire et de consommer, de travailler, de nous déplacer. Les effets du confinement sur la nature nous l'ont montré : nous avons les cartes en main. Tout cela légitime l'action politique, qu'elle passe par les mobilisations de la société civile jusqu'aux grandes négociations internationales, mais aussi par les politiques publiques des collectivités locales en matière d'urbanisme, de déplacements, d'agriculture, d'économie.
 
Cher rorqual, toi qui a une espérance de vie de presque un siècle, tu as bien le temps de revenir nous voir, mais pour nous, ça presse ! Quand tu reviendras, j'espère que tu trouveras ma ville à la fois plus verte, et plus humaine finalement, même sous la pluie.
  
Sophie Camard, tête de liste du Printemps Marseillais pour le 1er secteur
 
Le jour d'après doit être écologique !
 
Amélioration de la qualité de l'air avec la diminution du trafic routier et maritime, retour des animaux dans les espaces exploités par les humains, le confinement a eu des effets positifs sur l'environnement. Cependant cela reste bien sûr insuffisant pour enrayer le réchauffement climatique et la crise écologique auxquels nous devrons continuer de faire face après le COVID-19.
 
AtmoSud, l'organisme régional de mesure de la qualité de l'air, constate le 6 avril 2020, une diminution de 80 % des émissions d'oxyde d'azote à la jonction de la L2 et de l'A7 et de 30% autour du Parc Longchamp. Le ralentissement des activités humaines conduit à cette baisse spectaculaire et démontre encore l'impact dramatique de la politique du "tout-voiture" menée à Marseille depuis des décennies. En ne mettant pas en place une politique de transition écologique, la Mairie nous a conduits à des retards importants qui touchent en premier lieu les classes populaires : embouteillages sans fin (les Marseillais perdent une semaine par an dans les bouchons !), augmentation des maladies respiratoires (2 500 morts par an), forte pollution sonore et atmosphérique, encombrement des trottoirs... A cela nulle fatalité : Marseille peut offrir à tous un meilleur cadre de vie et participer activement à la lutte contre le réchauffement climatique en développant une politique de transport basée sur des mobiliés durables, qu’elles soient collectives (métro, tramway, bus électrique...) ou individuelles (vélo...).

Nos modes de déplacement sont cependant aussi liés à des choix politiques en matière d’économie. La Mairie a décidé de faire de Marseille un pôle du tourisme de croisière, afin d'augmenter ses rentrées fiscales, mais au prix d'une pollution atmosphérique importante. Elle favorise la concentration des entreprises dans des pôles économiques comme la Joliette ou Château-Gombert et encourage la construction de nouveaux centres commerciaux (Les Docks, Le Prado...), ce qui destructure l'économie de nos quartiers et pousse les travailleurs à faire des déplacements plus longs, plus chers et plus polluants.
 
La crise du COVID-19 doit permettre une prise de conscience. Elle doit être une opportunité pour s’orienter vers une transition écologique dans l'ensemble des domaines de notre vie quotidienne, dans l'ensemble des territoires et pour l'ensemble des Marseillais. Le jour d'après, Marseille ne peut plus être la ville la plus polluée de France !

Julien Soret, candidat du Printemps Marseillais pour le 1er secteur
Zoom notre programme 
Ecologie et transports
 
  • Doubler l’offre de transports publics en accélérerant les projets métropolitains (amélioration de la desserte en métro et tramway, création de RER et davantage de bus à haut niveau de service…)
  • Revoir la tarification du transport public avec nouveaux tarifs pour encourager les déplacements en transports en commun dont gratuité pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires des minimas sociaux
  • Libérer les trottoirs pour favoriser et sécuriser les déplacements à pied (règlementation du stationnement, sensibilisation des automobilistes, verbalisation des infractions…)
  • Renforcer et accélérer la mise en œuvre du Plan Vélo avec notamment création d’un réseau de lignes vélo sécurisées (280 km sur l’ensemble de la Métropole) en allant même au-delà
  • Limiter à 30 km/h la vitesse dans toutes les rues de la ville de Marseille, à l’exception de quelques artères à 50 km/h
  • Réduire les émissions de CO2 de 20% 
  • Exiger du Grand Port Maritime de Marseille la mise en place très rapide de branchements électriques à quai et l’adduction au GNL, afin de faire de Marseille le premier éco-port de Méditerranée
  • Favoriser l’expertise citoyenne et le contrôle de la pollution par les Marseillais en instituant un observatoire citoyen de la pollution de l’air
 
A partager
 
  • Signez, soutenez et partagez l'appel du Printemps Marseillais sur les conditions du déconfinement.​
  • Signez, soutenez et partagez la pétition du Printemps Marseillais pour l’hôpital public de Marseille. 
 
 
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