printemps marseillais premier secteur
 
Au fil du [prin]temps n°7
La lettre d'information du Printemps Marseillais du 1er secteur
 
L'édito de Sophie Camard
 
Nous voici à quelques jours de la date officielle du déconfinement, ce fatidique 11 mai. Loin d’un sentiment de libération tant attendu, beaucoup de parents d’élèves et d’enseignants expriment de l’angoisse et de la peur à propos de la rentrée scolaire. Sur cette question des écoles, le Printemps marseillais s’est donné le temps d’apprécier objectivement la situation dans notre ville. Sans surprise, la situation dégradée de nos écoles d’avant le confinement est une difficulté majeure, dans de nombreux cas, pour nous mettre aux normes sanitaires. La Ville est dans l’incapacité structurelle d’organiser une consultation en temps réel avec la communauté scolaire. Aussi, la confiance, qui avait disparu avant le confinement, n’est-elle pas réapparue par magie ! Nous allons donc certainement vers une rentrée scolaire très mesurée et progressive à Marseille.

L’école et le logement restent les deux thèmes majeurs de crispation dans notre ville. Ces deux derniers mois, la crise du logement n’a pas été confinée. Des personnes ont été délogées (rue Curiol dans le 1er), des toits se sont encore effondrés (rue Labry dans le 4ème), des démolitions ont été annoncées rue d’Aubagne.

J’ai lu attentivement le courrier des architectes et ingénieurs de la Direction de la prévention et de la gestion des risques de la Ville de Marseille, parue dans Le Ravi du mois d’avril 2020. Une tribune d’un collectif d’associations s’en est fait l’écho dans le journal Libération du 16 avril 2020. Ces cadres alertent sur le « burn out » de leur service et donnent les chiffres : 2 600 signalements d’immeubles sous suspicion de péril sont en attente d’une prise en charge, 230 immeubles en péril grave et imminent ne sont pas suivis. Ils dénoncent les délais très longs de validation et de signature des arrêtés de péril, l’incapacité de la Ville à se substituer aux propriétaires lorsque ceux-ci ne réalisent pas les travaux.

Nous savons que l’urgence est de renforcer les compétences dans les services, de lancer plus de travaux d’office, de traquer les marchands de sommeil, de faciliter les dossiers pour les aides à la réhabilitation, avec tous les contrôles nécessaires. En effet, certains retours de personnes délogées se font de manière précipitée, après des travaux à la va-vite qui ne sont pas rassurants.

Nous devons reprendre le sujet sur le fond : identifier les logements pour les opérations tiroirs de relogements temporaires, ne pas attendre un danger « grave et imminent » pour prendre des arrêtés de péril simples permettant de traiter les situations plus sereinement, réquisitionner les logements vides, maîtriser le foncier et réguler les loyers, lutter contre les locations saisonnières abusives, imposer une conception de l’urbanisme fondée sur l’écologie et la mixité sociale. Le groupe de travail « logement » du Printemps marseillais, animé par Patrick Amico, va reprendre ses travaux pour actualiser et approfondir notre programme.

Et qu’en est-il de la rue d’Aubagne ? Noailles a été tellement délaissé qu’il n’existe à ce jour aucun projet écrit ni concerté pour l’avenir de ce quartier. Pour les habitants, les blessures du passé, et la difficulté à se projeter, expliquent sans doute le malaise récurrent autour de chaque décision municipale. Dans ce contexte douloureux, nous prenons l’engagement de tenir compte des expertises, d’écouter toutes les idées et contributions qui pourraient remonter du terrain, dans l’esprit d’un « atelier citoyen d’urbanisme ».

Je me prends à imaginer un Noailles toujours populaire et différent. Je ne voudrais pas qu’on y fasse des blocs en béton moches. J’aurais envie d’écouter les amoureux du bâti ancien, les pros des matériaux écologiques, les historiens, les artistes… Qu’on se laisse aller à un peu d’utopie pour voir ce que nous pourrions fabriquer d’authentique.

Je vous dis à bientôt pour en parler de vive voix !
 
Sophie Camard, tête de liste du Printemps Marseillais pour le 1er secteur
 
 
Pour un projet de ville pensé avec ses habitants
 
Après « 2013 Capitale européenne de la culture », « 2017 Capitale européenne du sport », Marseille aura été de 2018 à 2020 « Capitale européenne de l’habitat indigne et de la privatisation des espaces publics ». Triste trophée ! Pour mériter ce titre, les faits sont là :
  • l’habitat insalubre concerne des proportions inégalées de la population avec 40 000 logements indignes,
  • les quartiers Nord sont consciencieusement laissés à l’abandon par la Mairie, avec seulement des actions de l’Etat (via l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) pour colmater les brèches,
  • le centre-ville est un patchwork entre immeubles en ruine, aménagements publics coûteux pas toujours pertinents et jamais concertés (Vieux Port, La Plaine, piétonisation de la Canebière) et opérations immobilières privées tous azimuts,
  • l’idée même de mixité sociale est oubliée dans les quartiers Sud et Est.
 
Pour en arriver là, les efforts de communication de la Ville ont été continus et structurés : « Marseille vitrine » contre le « Marseille bashing ». Tous les choix de la Ville ont été faits au nom de l’attractivité touristique, quitte à mettre sous le tapis la misère et toutes les questions de fond. Il s’agit d'un choix politique, celui d’une majorité considérant que le marché et le privé seraient les outils de l’évolution de la ville. Les questions sociales, notamment celles liées à l’habitat, sont censées se résoudre d’elles-mêmes, la spéculation immobilière chassant les miséreux, les quartiers populaires se recroquevillant sur eux-mêmes, sans transports en commun ni actions socio-éducatives pour aider les habitants à s’en sortir.
 
Face à ce tableau, quelles pistes propose le Printemps Marseillais ?
 
Repartons de la base : l’urbanisme est la traduction spatiale d’une vision politique. C’est donc celle-ci qu’il convient de repenser. Pour le Printemps Marseillais, il faut partir de la place des habitants dans la ville. Pour créer une ville vivable pour tous, la mixité sociale –ne pas créer de quartiers ghettos– et la mixité d’usages – éviter les quartiers dortoirs et proposer partout, outre des logements, des activités économiques, des services et des équipements publics – sont les deux piliers. Et c’est pour concrétiser cette vision qu’il faut mobiliser les expertises et les financements.
 
On peut toujours tout décider pour le compte des habitants, mais on peut aussi les considérer comme des acteurs majeurs de la ville. Propriétaires ou locataires, toutes et tous doivent être impliqués dans un projet partagé pour la ville et ses 111 quartiers. C’est le sens de la création d’un Atelier Citoyen pour le Logement et l’Urbanisme que prévoit le Printemps Marseillais. Solution déjà expérimentée ailleurs, cette structure de concertation permettra l’élaboration d’un nouveau projet pour la ville.
 
Patrick Amico, candidat du Printemps Marseillais pour le 1er secteur 
 
 
 
La rue d’Aubagne : habitat ou habitants indignes ?
 
Si l’on remonte 50 ans en arrière, la rue d’Aubagne était une rue au commerce florissant, comptant de nombreux magasins de textiles, quelques enseignes célèbres, une vie locale animée par les passants et les habitants –souvent de petits propriétaires déjà âgés– de logements peu confortables mais pas chers et encore solides.
 
Les effondrements mortels de novembre 2018 et les délogements qui ont suivi ne marquent pas le début des problèmes de la rue d’Aubagne, ils n'en sont que l’aboutissement : enchaînement successif et incohérent de plusieurs projets urbains, sans prise en compte des habitants « traités » par des solutions techniques sans accompagnement social. Dix-huit mois après le drame de 2018, la situation de la rue d’Aubagne a peu évolué sur le fond. Le bâti continue de se dégrader et la population souffre à la fois des nuisances liées aux chantiers, de l’inquiétude liée au manque d’information et des conséquences des délogements.
 
Il est temps de redonner un avenir désirable à la rue d’Aubagne. La question n’est pas de savoir si tel ou tel immeuble doit être démoli ou pas, mais plutôt « quel quartier voulons-nous ? ». Il ne s’agit donc pas, une nouvelle fois, d’empiler des réponses techniques de courte vue, mais d’imaginer un « projet de quartier » durable, mixte, vivant et pensé par et pour ses habitants. Sauf à considérer, comme beaucoup de politiques l’ont fait jusqu’à présent, que rue d’Aubagne il y a autant d’habitat indigne … que d’habitants indignes.
 
De la Corderie à Endoume, le 7ème ciel des promoteurs ?
 
Dans les années 1980, la Villa Valmer, propriété de la Mairie, était le siège de l’Agence d’urbanisme de l’Agglomération Marseillaise (AGAM), principal acteur de la planification urbaine depuis 40 ans. Aujourd’hui, cette même Villa Valmer a été cédée par la Ville à un promoteur pour un projet immobilier. En soit, cette anecdote résume 40 ans d’urbanisme qui, à Marseille, a consisté à « brader les bijoux de famille ». A ce jour, plus de 20 opérations sont en cours ou annoncées dans le 7ème arrondissement : Corderie, Sauveur Tobelem, Valmer, Aurelle, Sainte Eugène, Candolle...
 
Point commun : le foncier n’a pas été acheté par les promoteurs, mais tout bonnement cédé par les pouvoirs publics (à travers la cession de terrains, de droits à construire, de baux sur des propriétés appartenant à la Ville). Et c’est ainsi que la Mairie a favorisé une privatisation de l’espace public et même de l’intérêt général, la Chambre Régionale des Comptes l’ayant d’ailleurs relevé en détail. Les espaces publics sont à la fois confisqués et saturés puisque la planification de ces opérations se fait sans réflexion sur la circulation, l'augmentation du nombre de voitures, les équipements publics...
Tout ceci reflète un projet politique pour le 7ème : y ancrer une population de cadres moyens ou supérieurs, y favoriser l’investissement privé (non local), moteur de la rente créée par l’augmentation des prix de l’immobilier et … laisser le marché faire le reste. La mixité sociale, les conditions de vie, la protection de l’environnement sont reléguées au second plan. Et que dire des habitants pour qui la taxe foncière et d’habitation sont très élevées, même si la circulation y est un enfer, même si les espaces verts sont menacés, même si le développement de AirBnB limite le nombre de logements pour les familles… ?
Sans prétendre bloquer toute opération immobilière, le Printemps Marseillais entend revoir intégralement certains projets, même très avancés (Valmer par exemple). Nous veillerons surtout à associer désormais les habitants à tous les projets qui impactent leur cadre de vie.
 
Zoom notre programme 
Urbanisme et habitat
 
  • Organiser un débat annuel sur le logement au Conseil municipal avec un suivi des objectifs et un compte-rendu de mandat annuel.
  • Impliquer les habitants (maîtrise d’œuvre urbaine et sociale, ateliers citoyens d’urbanisme, appels à projets et concours d’idées citoyens).
  • Produire 30 000 logements sur 6 ans, adaptés aux revenus des Marseillais (dont accession sociale à la propriété).
  • Abaisser le seuil de construction de logements sociaux de 80 à 20 logements, pour un rééquilibrage entre arrondissements, sans bétonnage ni grandes tours.
  • Lutter contre l’habitat indigne : mieux le détecter, intenter des actions en justice contre les marchands de sommeil, intervenir sur les copropriétés en déshérence, participer activement à la Société Publique Locale d’Aménagement d’Intérêt National chargée de la résorption de l’habitat indigne.
  • Faire l’inventaire du patrimoine bâti municipal et public pour étudier les potentialités en matière de logement ou relogement.
  • Appliquer immédiatement la charte du relogement, non appliquée à ce jour et pourtant votée à l’unanimité par le Conseil Municipal, notamment en constituant un stock de « logements tiroirs » destinés aux relogements.
  • Grâce à un observatoire local des loyers, étendre le permis de louer au-delà du périmètre de Noailles et éventuellement encadrer les loyers sur certains secteurs.
 
A partager
 
  • Signez, soutenez et partagez la pétition du Printemps Marseillais pour l’hôpital public de Marseille.
  • Lisez et partagez la tribune de Michèle Rubirola, médecin et tête de liste du Printemps Marseillais sur le déconfinement à venir
  • Engagez-vous sur des actions via la carte des solidarités mise en ligne par le Printemps Marseillais ou les appels à bénévoles 
 
 
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