printemps marseillais premier secteur
 
Au fil du [prin]temps n°6
La lettre d'information du Printemps Marseillais du 1er secteur
 
L'édito de Sophie Camard
 
Rouge ou vert ? Cette question ne concerne malheureusement pas la nouvelle carte électorale de la France mais sa carte sanitaire. Elle sera actualisée chaque jour pour servir de guide aux mesures de déconfinement, notamment la réouverture des écoles, en fonction du taux de cas nouveaux dans la population, des tensions hospitalières et, d'ici le 11 mai, des capacités à tester.

Pour le moment, nous sommes dans la zone... orange ! L'épidémie recule (moins de nouveaux cas), mais nous sommes toujours en tension sur les hospitalisations. Cela ne signifie pas que la crise sanitaire est terminée. Le retour à la normale devra rester très prudent et progressif. Nous mesurons à quel point nous avons besoin d'un service public hospitalier fort, et ce numéro spécial de notre newsletter tombe à pic pour en parler, tout comme la pétition du Printemps Marseillais pour soutenir l'APHM.

Pour le reste, notre édito de la semaine dernière reste valable : le système D continue ! Les repas de la cuisine centrale sont arrivés, mais la Ville ne s'occupe ni de la livraison, ni la distribution, alors que nous avions alerté sur ce point. Sur le terrain, c'est aux associations et aux bénévoles d'organiser la distribution, avec des risques de disputes ou de rupture de la chaîne du froid. Une fois de plus, cet amateurisme municipal vient gâcher une bonne mesure. Nous demandons que les mairies de secteurs s'assurent d'un système de distribution sécurisé et non clientéliste.

Pour les masques réutilisables commandés par la Ville, nous commençons à connaître les entreprises retenues et c'est assez étonnant : on y retrouve un fabricant de maillots de bain marseillais qui ne produit pas forcément sur place, ou des entreprises d'autres secteurs, mais pas les ateliers de couture de la ville. C'est une occasion manquée de soutenir une filière locale autour des artisans ou de l'économie sociale et solidaire. On ne sait toujours pas comment ces masques seront distribués. La Ville de Poitiers va distribuer par la Poste 90.000 masques lavables et réutilisables. Pourquoi ne pas s'inspirer de ce type de mesure simple et pratique ?

Outre les écoles, bien d'autres questions se posent : le peu de préparation du réseau RTM au déconfinement, la détresse silencieuse des personnes âgées, handicapées, isolées, les femmes et les enfants maltraités. Dès maintenant, et pas dans un « monde d'après », nous aurions besoin de beaucoup plus de services à la personne, de soins, de structures d'accueil et d'écoute. On peut voir là un gisement d'emplois pour la suite, après tout : cette fameuse économie du « care » (soin en anglais).

Beaucoup de sans-abris sont actuellement logés dans des hôtels... jusqu'au 30 mai. Alors que le secteur du tourisme va être gravement atteint par la crise, pourquoi ne pas reconvertir définitivement certains hôtels en lieu d'hébergement ? Certains le souhaitent. C'est peut-être une mesure qui contribuerait à l'amélioration durable de la situation des personnes à la rue, dont le nombre est évalué de 10 à 15 000 dans notre ville.

Vous le voyez, nous sommes toujours confinés mais pas en manque de pensées, d'alertes et de propositions car j'écris cet édito en lien avec vous toutes et tous. Voilà pourquoi nous organiserons un Premier Mai festif et combatif sur les réseaux sociaux, avec un générateur de slogans et des photos de banderoles. Disons-le tous ensemble : #PremierMaiPasLeDernier !
 
Sophie Camard, tête de liste du Printemps Marseillais pour le 1er secteur
 
 
Le Printemps Marseillais
déjà au chevet de l’AP-HM
 
En ces temps troublés, où le Covid-19 a jeté aux portes des hôpitaux des milliers de malades, les établissements marseillais n’ont pas démérité. Bien au contraire. On avance que la population marseillaise est la plus testée, mais surtout, les soignants ont su se mobiliser, les services ont été rapidement réorganisés pour une prise en charge efficace. Personne ne se plaint, au contraire, et la gratitude est forte à l’égard des soignants. Pas plus que d’ordinaire, les Marseillais ne remettent en cause leurs hôpitaux publics. Malgré des locaux parfois vétustes, mal entretenus, des moyens matériels resserrés, ils y sont reçus, écoutés, soignés. C’est que le personnel, à tous les niveaux, reste à la hauteur, du fait de son implication et de son excellence. Mais à quel prix, et jusqu’à quand ? L’AP-HM ne fait-elle pas penser à un vieux rafiot qui se maintient à flot, au prix d’une armada de bonnes volontés qui colmate les voies d’eau ?

L’état des lieux n’est pas flambant. Le bilan financier est déplorable : 1,1 milliard de dettes et un déficit de 200 millions d’euros en 2016. Il est a priori revenu à l’équilibre en 2018, et ce, au prix d’un projet médical 2017-2021 qui prévoit, entre autre, -7% de lits. La dette persiste, plombée un peu plus par la charge de 800 000 h de travail non payées ou de congés non pris. De quoi laminer le moral des troupes : avec un taux d’absentéisme de 8,2%, soit 30 jours d’arrêts par an et par salarié, l’AP-HM est recordman de France. Selon le baromètre social 2019, 26% des salariés seulement se sentent reconnus au travail. Pendant ce temps, la gestion au jour le jour se poursuit, rénovations et réorganisations sont lancées à coup d’enveloppes budgétaires annoncées par l’Etat et les collectivités, comme autant de bouées à la mer. La dernière en date (fin janvier 2020) annonçait 168 millions d'euros apportés par l’Etat et 130 millions d'euros par la ville, la métropole, le département et la région. Une aide financière assujettie, on le sait, à une gestion centrée sur la rationalisation de l’offre de soin, à la réduction des postes et des lits, etc.

Comment en est-on arrivé là ? Le rapport publié en 2017 par la Cour des comptes (CDC) est édifiant. On y apprend, à la louche, que l’AP-HM souffrait jusqu’il y a peu d’une « opacité comptable ayant masqué la réalité du déficit », « d’investissements » douteux diront certains, et d’un « endettement ayant obéré sa capacité financière ». On relève « une instabilité de sa direction générale » —depuis 2009, différents organigrammes pléthoriques se sont succédés ! Et en même temps que la situation financière se dégradait, les dépenses —médicales, pharmaceutiques et administratives— poursuivaient leur ascension. Que dire des 3 millions d'euros dilapidés en audits extérieurs inutiles… ? La sentence de la CDC est sans appel : « l’absence de projet médical explique la difficulté à mettre fin à une organisation médicale coûteuse et inadaptée ». Or donc, les observateurs avertis l’affirment : le pilotage à vue persiste.

Passé le diagnostic, il faut remonter aux causes du mal. L’une d’elles est la main mise sur l’AP-HM savamment orchestrée par la mairie et les collectivités associées (conseil départemental, métropole, conseil régional), finalement révélée et démultipliée par les règles comptables imposées par l’Etat. Le Maire de Marseille, président du conseil de surveillance de l’AP-HM où Martine Vassal et Bruno Gilles siègent également, n’a pas hésité toutes ces années, à faire de ce navire amiral de 15 000 salariés, un outil de promotion politique pour lui et les siens. A l’hôpital, les mêmes pratiques clientélistes règnent, condamnant toute volonté de reprise en main efficace. Il est temps que l’AP-HM change d’ère, tant la charge qui est la sienne s’alourdit.
 
Marie-Line Lybrecht, candidate du Printemps Marseillais pour le 1er secteur 
 
Chiffres-clés
 
  • 3e pôle hospitalier français, derrière Les Hospices de Lyon et l’AP-HP (hôpitaux de Paris)
  • 4 hôpitaux (Nord, Timone, Conception, Sainte Marguerite vide à 90%)
  • 200 000 patients par an, 180 000 séjours, 70 000 interventions
  • 1,2 milliard d’euros de recettes d’exploitation
  • 3 400 lits, 2 000 médecins, 15 000 salariés
 
Zoom sur notre programme santé
 
 La commission santé du Printemps Marseillais remet actuellement sur le métier le programme santé municipal, suite à la crise du Covid 19. La présente communication, issue du 1er secteur, s'en tient au programme initial, dans l'attente de cette actualisation que nous relaierons quand elle sera prête.
 
  • Un plan de sauvegarde et de développement volontariste de l’AP-HM, incluant l’annulation de tout ou partie de sa dette et la mise à plat en toute transparence des pratiques de gestion des ressources humaines et matérielles de l’AP-HM
  • Un plan territorial de santé publique pour mieux coordonner les collectifs et associations, les habitants et les acteurs institutionnels de la santé
  • La création de centres de santé pluriprofessionnels pour lutter contre les déserts médicaux, en particulier au nord de la ville, et désengorger les services hospitaliers
  • Des campagnes de sensibilisation aux questions de santé publique (prévention, dépistage, contraception…)
  • Un service de santé de la Ville avec de vrais moyens opérationnels et un CCAS capable de gérer des établissements sanitaires et sociaux répartis dans tous les secteurs, en coordination avec des médiateurs au niveau des mairies de secteur
 
Programme
La parole est à vous pour imaginer ensemble le jour d'après
 
Face à la crise, le Printemps Marseillais reste clair sur ses principoes mais est conscient de devoir adapter son programme. 
Pour cela, nous avons besoin de vous et vous avez la parole en ligne :
  • Pour partager vos idées sur la gestion de la crise par ici 
  • Pour proposer des solutions pour l’après-crise par là
 
 
A partager
 
  • Signez, soutenez et partagez la pétition du Printemps Marseillais pour l’hôpital public de Marseille.
  • Lisez et partagez la tribune de Michèle Rubirola, médecin et tête de liste du Printemps Marseillais sur le déconfinement à venir
  • Engagez-vous sur des actions via la carte des solidarités mise en ligne par le Printemps Marseillais ou les appels à bénévoles 
 
 
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